Visite libre

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> (Les numéros dans le texte font références aux numéros reportés sur le plan)

LE CHŒUR : N° 1 et 2

> Le mur du fond formant le chevet, orienté à l’est, est percé de six baies disposées sur trois niveaux : trois baies avec un arc en plein cintre surmontées de deux autres baies plus étroites, la composition s’achevant par un oculus. Cette élévation est voisine de celle des chœurs des abbayes cisterciennes de Fontenay (Côte D’or) et d’Orval (Belgique), fille et petites-fille de Clairvaux, comme Auberive. Mais cette dernière offre avec l’oculus un niveau supplémentaire alors qu’à Fontenay, le chevet, de dimensions très proches, superpose trois baies et un triplet, et qu’à Orval, trois baies cintrées sont dominées par deux autres, en arc brisé. L’ensemble est voûté en berceau brisé comme dans de nombreuses églises de Bourgogne du XIIe siècle. Les vestiges conservés à Auberive sont caractéristiques de l’architecture cistercienne du milieu de ce XIIe siècle. L’aspect actuel du chevet, avec ses baies vitrées, correspond à la campagne de restauration conduite de 1951 à 1953 par Dom Guillou, moine d’Auberive. Il fit en particulier abattre par une troupe de scouts le mur qui, depuis le XVIIIe siècle, fermait à l’ouest les vestiges de l’église médiévale. Après avoir servi de bûcher aux moines, le chœur avait été transformé en boulangerie et masqué par un four à pain pendant la période pénitentiaire, puis laissé à l’abandon. Deux niches sont conservées dans le mur sud du chœur : une armoire eucharistique et un lavabo liturgique, disposition alors courante au XIIe siècle. A l’extérieur (n°2), une niche surmontée d’un arc en accolade du XVIe siècle modifiant l’arc roman d’origine correspond au lavabo de la première chapelle orientale s’ouvrant sur le bras nord du transept disparu. Tels qu’ils apparaissent, ces vestiges constituent le seul exemple d’un chœur cistercien des années 1150-1160, en Champagne.

LE CLOITRE : N° 3

> Le cloître possède encore trois de ses quatre ailes. Les galeries ouest et nord construites selon les plans de Jean-Claude Daviler, présentent une série d’arcades en plein cintre. Elles sont surmontées d’un étage percé de baies et munies d’huisseries à petits carreaux, comme au XVIIIe siècle. De la galerie sud détruite en 1835, ne subsiste plus que l’emplacement judicieusement souligné par une bordure en pierre. Elle était limitée à une galerie couverte par une terrasse avec balustrade, semblable à celle de l’abbaye cistercienne de Trois-Fontaines (Marne). Elle donnait accès à l’église reconstruite par Daviler selon un plan rectangulaire, dans l’axe de l’entrée actuelle de l’abbaye.

L’AILE NORD : N° 4

> L’aile nord a conservé une porte médiévale du XIIIe siècle, avec un tympan trilobé et des chapiteaux à feuilles d’eau, malheureusement mutilés. Cette porte a été en partie restaurée par les Bénédictins. Son emplacement ne correspond pas à celui ordinairement observé dans les monastères cisterciens. Elle s’ouvre sur le réfectoire des moines avant la Révolution. L’intérieur de celui-ci a reçu une voûte d’arêtes à dix-neuf nervures caractéristique de l’architecture de cette époque. Il a de nouveau été utilisé comme réfectoire au XXe siècle, sauf pendant la période de la fraternité Saint-Jean durant laquelle il servit de chapelle. L’administration pénitentiaire a refait la plupart des baies donnant sur la galerie nord du cloître et celles du rez-de-chaussée de l’aile est.

L’AILE OUEST : N° 5

> En quittant le cloître et son jardin intérieur composé de quatre parterres, on aborde la grande façade de l’aile ouest s’étendant sur plus de soixante-cinq mètres. Pour la construire, les moines ont fait démolir l’ancien bâtiment médiéval des frères convers, généralement établi à l’ouest du cloître dans une abbaye cistercienne, et servant jusqu’alors de grenier et d’écurie. Avec ses vingt et une travées ponctuées par la saillie de l’avant-corps central et celles des deux avant-corps latéraux, elle offre malgré ses dimensions des proportions harmonieuses et des détails soignés, comme les lucarnes en pierre ou les pots à feu encadrant le fronton central qui créent un contraste saisissant avec la sévérité de l’aile est et l’apparentent aux belles réalisations architecturales du XVIIIe siècle. Sur l’avant-corps central, les agrafes des linteaux et la table du fronton attendent encore les sculptures qu’ils devaient recevoir. L’aile ouest a servi à accueillir les hôtes avant la Révolution, puis d’habitation pour la famille Caroillon de Vandeul. Elle abrita ensuite les logements du personnel de l’administration pénitentiaire, puis les cellules des moines bénédictins.

LE PORTAIL D’ENTREE : N° 6

> Encadré de deux pavillons d’entrée, il a été édifié selon les plans de Daviler, dans l’axe de l’avant-corps central de l’aile ouest. C’est l’entrée principale de l’abbaye à partir des années 1760. Auparavant, la porterie était alignée sur le porche de l’église médiévale. La grille actuelle, au riche décor de fer forgé, est une œuvre du XVIIIe siècle provenant de l’abbaye de Beaulieu. Elle a été posée dans les dernières années du XVIIIe siècle par Caroillon de Vandeul qui y fit insérer son chiffre : C.V., toujours visible.

LE MOULIN : N° 7 et 8

> Installé sur une dérivation de l’Aube, il illustre le chapitre 66 de la Règle de saint Benoît qui en recommande la construction. Agrandi au XIXe siècle, il conserve au nord (n°8) son élévation du XIIIe siècle épaulée par des contreforts et deux vaisseaux voûtés d’arêtes à l’intérieur. C’est un des rares témoignages de la vie des moines à la période médiévale. Caroillon de Vandeul en utilisera la force pour faire fonctionner sa filature et, en 1844, le maître de forge, Bordet, le transformera pour partie en orangerie.

LES BATIMENTS DE LA PERIODE PENITENTIAIRE : N° 9 à 12

> L’enclos comprend la chapelle néo-gothique (n°9) construite en 1857 pour les détenues. Elle servait également de réfectoire et de salle de classe. Elle est complétée par une forge (n°10) en 1998. Plus au nord, on élève, en 1912, un quartier disciplinaire (n°11 – ne se visite pas) avec dix-huit cellules destinées aux jeunes garçons de la colonie agricole pénitentiaire. En retournant vers l’entrée et en longeant l’aile est du cloître et la paroi rocheuse de la vallée de l’Aube, on remarque les fondations circulaires des toilettes (n°12) des détenues au centre de la cour des prisonnières.

L’AILE EST : N° 13 à 15

> Edifiée par l’architecte Buron dans les années précédant la Révolution, elle rompt avec l’unité architecturale du reste du cloître. Elle comprend deux niveaux de plus que les autres ailes : l’un dans le comble brisé de la toiture éclairé par des lucarnes en charpente et l’autre formant entresol, au-dessus des voûtes du rez-de-chaussée destinées à prévenir tout risque d’inondation. Une volée de marches est donc nécessaire pour passer de la galerie nord à la galerie Est du cloître.
Dans la partie nord de l’entresol, a été aménagé, pendant la période pénitentiaire, un quartier disciplinaire avec des cachots (n°14). Les deux étages de l’ailes, transformés au XIXe siècle en dortoir pour les détenues, ont retrouvé la même destination après 1960 avec la colonie de vacances.
A l’extrémité sud-ouest, la porte-fenêtre à l’encadrement en bossage surmonté d’une agrafe (n°15) aux initiales entrelacées S et B (saint Bernard ou saint Benoît ?) n’est qu’un pastiche moderne venant masquer l’arrachement causé par la destruction de l’aile sud.