Abécédaire des artistes

ART CONTEMPORAIN > ABÉCÉDAIRE DES ARTISTES

Tous A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
SABAN Ody
> 1953, Istanbul (Turquie)
Après une enfance multiculturelle et nomade, elle s’installe à Paris en1977 et y poursuit des études d’art. L’artiste s’engage dans des mouvements artistiques à la marge, à l’exemple du squatt Art Cloche, où elle est alors la seule femme. Son œuvre, tantôt décrite comme un acte guerrier, tantôt comme l’illustration d’une utopie à défendre, est en même temps le lieu de l’expression des luttes sociales et féministes et de ses mythologies personnelles : Ody Saban, en effet, se pense surréaliste et outsider et refuse l’étiquette de l’art brut. Son travail investit tous les mediums : l’art plastique, l’écrit, la performance. Ody Saban a ainsi créé des Livres d’artistes uniques, des vidéos, des cahiers émotionnels, manuscrits qui mêlent sa pratique de l’écrit aux arts plastiques.
(Extrait, Esprit singulier, 2016, Flammarion éditions et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
Site officiel
SAURA Antonio
> 1930, Huesca - 1998, Cuenca (Espagne)
Dans les années 1940, Antonio Saura commence à peindre et à écrire en autodidacte, immobilisé par la tuberculose. Sous l’influence de Jean Arp et de Yves Tanguy, il réalise de nombreux dessins et peintures d’inspiration surréaliste. Au début des années 1950, sa peinture devient gestuelle et abstraite, avant que ne surgissent des formes bientôt identifiées au corps féminin et plus largement, à la figure humaine, motifs dès lors omniprésents qui opéreront comme des matrices. (...) Au tournant des années 1960, Antonio Saura se passionne pour l’eau-forte ainsi que la sérigraphie, et commence à sculpter. C’est aussi l'époque des premières rétrospectives muséales (Eindhoven, Rotterdam, Amsterdam, Buenos Aires, Rio de Janeiro, Baden-Baden, etc.). En 1967, à son installation à Paris, il s’engage contre la dictature de Franco. Il abandonne la peinture sur toile pour se consacrer en 1971 au support papier et à l’écriture. Il collabore avec le monde de la scène (théâtre, ballet, opéra), pour lequel il crée des scénographies. En 1978, il reprend la peinture à l’huile et approfondit des thématiques déjà maintes fois explorées, selon un procédé cher à l’artiste. (...) Les années 1980-1990 sont marquées par des recherches puissantes sur la figure et le portrait (Dora Maar Visitée), qui traduisent encore et toujours la violence de l’expérience humaine. Engagé aux côtés de Ernest Pignon-Ernest et Jacques Derrida contre l’apartheid, il illustre "Don Quichotte" de Miguel de Cervantes et "Tagebücher" de Franz Kafka, et participe à des expositions sans cesse plus nombreuses. Il meurt en 1998. Huit ans plus tard est créée la Fondation Antonio Saura.
(Extrait, Esprit singulier, 2016, Flammarion éditions et les éditions de l'abbaye d'Auberive
Site officiel
SEFOLOSHA Christine
> 1955, Montreux (France)
Artiste prolifique et autodidacte, elle développe une solide habileté technique et un style hallucinatoire, à l’orée du symbolisme et du chamanisme. En 1975, Sefolosha s’installe à Johannesburg. Elle rencontre le saxophoniste Pat Sefolosha qu’elle épouse en seconde noce et découvre la communauté artistique noire et son militantisme. De retour en Suisse en 1983, l’artiste et son œuvre restent fortement marquées par les traces de la culture et des traditions de cette Afrique du Sud encore divisée par l’apartheid. C’est à cette période que l’artiste décide de se consacrer entièrement à la création. Sefolosha peint à l’huile, à l’aquarelle, emploie avec virtuosité les encres de couleur, crée des monotypes au chromatisme délicat. L’artiste marie les teintes terreuses et sombres à l’éclatement de couleurs brillantes et vives. (...) Après plus d’une dizaine d’expositions, Christine Sefolosha est lauréate en 1998 de la prestigieuse bourse culturelle de la Fondation Leenaards. Son travail sera présenté ensuite à de nombreuses reprises en Suisse, France, Belgique ou aux Etats-Unis. La Halle Saint-Pierre lui dédie une grande exposition monographique en 2007. Les œuvres de l’artiste figurent dans de nombreuses collections particulières et dans plusieurs collections publiques suisses (Fonds des Arts plastiques du canton de Vaud, Musée Jenisch).
(Extrait, Esprit singulier, 2016, Flammarion éditions et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
Site officiel
SEVELLEC Ronan-Jim
> 1938, Brest (France)
Il s'initie très jeune au dessin, au modelage et à la peinture auprès de son père artiste. Ses premiers dessins paraissent dans la presse dès 1960. Etabli dans la région parisienne depuis 1967, il exerce la profession d'illustrateur, réalise des maquettes pour des productions cinématographiques, continue de peindre et participe à de nombreux salons. Mais l'artiste va progressivement délaisser la peinture au profit d'un travail entièrement tourné vers le volume. Le terme "maquette" est en l'occurrence aussi approximatif que réducteur. Pendant plus de dix ans, Ronan-Jim SEVELLEC disparaît du monde des expositions pour travailler ses volumes. En 1989 pour la première fois, il présente ses boîtes d'inspiration surréaliste à Elbeuf en Normandie. En 1995, son exposition à Paris, à la galerie Soulié, rue Guénégaud, le révèle véritablement au milieu parisien.
(Cité dans La collection égotique, 2010, Lienart éditions et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
Portrait de Ronan Jim Sevellec par Jo Pinto Maia
SHAHDA Ibrahim
> 1929, Al-Azizaya (Égypte) - 1991, Aix-en-Provence (France)
Il entre à 16 ans aux Beaux-Arts du Caire où il suit les cours de Beppi-Martin. Après avoir fini l'école et organisé sa première exposition, il part à Paris, au début des années 1950, où il se retrouve désespérément seul. Il élit alors domicile en Provence, avec une de ses amies. Il y réalise l'essentiel de son œuvre et de ses expositions. En 1975, des problèmes de santé le forcent à rester chez lui. Il se consacre entièrement à son travail. Sa peinture flamboyante représente son combat. « Un peintre à la palette de feu, aux autoportraits qui en appellent à Van Gogh, à Rembrandt. Ses grandes huiles sont véhémentes, exacerbées et convulsives. Homme de contrastes, Ibrahim Shahda a développé un art de la peinture et du pastel d’une rare puissance évocatrice. » Cependant, Shahda ne connut jamais de son vivant la reconnaissance qu'il a aujourd'hui.
(Cité dans Instinct'art, 2012, éditions de l'abbaye d'Auberive)
SOREN
> 1967, Paris (France)
Il grandit dans la commune du Pouliguen en Bretagne. Il entame des études à l’Ecole des Beaux-Arts de Nantes mais, ne parvenant pas à y trouver l’enseignement qu’il recherche, quitte l’établissement afin de poursuivre seul son parcours artistique. Autodidacte, il travaillera de longues années dans une solitude volontaire, gardant le secret de ses dessins. C’est à Paris, où il vit depuis 2006, que Soren découvre les œuvres énigmatiques de Louis Pons et de Denis Pouppeville à la galerie Béatrice Soulié. Il décide alors de présenter à la galeriste son univers mélancolique et sombre. Elle organise en 2009 « Pierre noire », sa première exposition personnelle puis « À ma belle » en 2011 et « Celles de l’ombre » en 2013. L’artiste présente régulièrement son travail en France (Musée d’art contemporain de Châteauneuf-le-Rouge, à l’Abbaye d’Auberive, ou lors du Salon Outsider Art Fair de Paris).
(Extrait, Instinct'art, 2012, éditions de l'abbaye d'Auberive)