Abécédaire des artistes

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RAINER Arnulf
> 1929, Baden (France)
Initié dès sa jeunesse au dessin, Arnulf Rainer décide de devenir artiste à l’âge de 15 ans. La découverte, à l’occasion d’une exposition, des œuvres de Francis Bacon, Stanley Spencer ou encore Henry Moore, le convainc d’abandonner le paysage pour la figure humaine. Influencé par un surréalisme tardif en vogue dans les cercles artistiques viennois, il crée des compositions fantastiques qui bientôt ne le satisfont plus. Encore marqué par l’automatisme, il réalise ses premiers dessins les yeux fermés et découvre à Paris, à l’été 1951, les derniers développements de l’art non figuratif. C’est un choc. Il expose désormais régulièrement ses œuvres et devient l’un des fers de lance de l’art informel en Europe centrale. (...) Au tournant de la décennie, de nombreux artistes, parmi lesquels Sam Francis et Victor Vasarely, donnent à Rainer des toiles pour ses recouvrements. Il expose en Allemagne et au Japon. Les années 1960 sont marquées par son intérêt grandissant pour les dessins d’aliénés, les expériences de dessin sous psychotropes et la pratique de la peinture directe sur des corps. Au cours des années suivantes, il continue de se passionner pour le langage du corps et multiplie notamment les autoportraits photographiques qu’il retouche.
(Extrait, Esprit singulier, 2016, Flammarion éditions et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
REBEYROLLE Paul
> 1926, Eymoutiers - 2005, Boudreville (France)
Il étudie à Limoges avant de rejoindre Paris à la Libération. Il découvre alors les peintres contemporains ainsi que la peinture classique au musée du Louvre. Membre du parti communiste français à partir de 1953, il rompt avec ce dernier en 1956 lors de l'invasion russe en Hongrie. Auteur d'une œuvre immense et l'un des plus grands artistes contemporains, il fut néanmoins méconnu du grand public ainsi que de certaines institutions. Son oeuvre, toujours figurative, est marquée par la violence, la rage, la révolte face à l'oppression ou l'engagement politique. Elle est ponctuée de tableaux animaliers et paysagers, ainsi que de tableaux employant des matières collées sur la toile (terre, crin, ferraille...). Elle a été appréciée par les philosophes Jean-Paul Sartre ou Michel Foucault ainsi que par le collectionneur François Pinault. En 1979, il eut droit à une rétrospective au Grand Palais à Paris, et en 2000 à la Fondation Maeght.
(Cité dans La collection égotique, 2010, Lienart éditions et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
Site officiel
RENARD Emmanuelle
> 1963, Paris (France)
Elle commence la peinture très jeune. Elle étudie les Arts Décoratifs de 1982 à 1986 à la Villa Arson à Nice et signe sa première exposition personnelle en 1985 à Vallauris. Depuis, elle expose régulièrement à Paris (galeries Vidal Saint-Phalle, Suzanne Tarasiève…), en Europe et aux États-Unis. Elle reçoit le Prix Spécial du Jury au Salon de Montrouge en 1990 et obtient en 1992 une allocation de recherche à l’étranger (Espagne) du Ministère de la Culture.
(Extrait, Instinc'art, 2012, éditions de l'abbaye d'Auberive)
RICOL Raphaelle
> 1973, Lyon (France)
Raphaëlle Ricol est pour le moins une artiste singulière. Elle pratique régulièrement le Street Art dans l’anonymat le plus complet, en parallèle à son activité picturale à l’atelier. Elle utilise d’ailleurs régulièrement la peinture en spray pour ses œuvres d’atelier. Peuplé de figures populaires (super héros, nounours qui n’ont rien d’enfantins ou d’infantiles, etc.), mais aussi de références picturales historiques (Holbein ou de Champaigne, Mantegna, Munch ou Goya), son art prend appui sur le grotesque et le burlesque. Le regard de ses personnages est souvent halluciné. Il y est question d’œil, de visions intérieures. Elle maîtrise magistralement le mauvais goût, comme l’ont pu faire avant elle Peter Saul, Ed Paschke ou Philip Guston, pour le transcender et l’ennoblir. Une autre facette de l’art de Ricol est la satire sociale, pas si éloignée des Daumier, André Gill, Jean Veber ou Charles Léandre. L’humour y est aussi noir, désabusé et mélancolique. Là encore, l’emprunt aux arts graphiques est patent. Et puis, elle a une énorme activité de dessinatrice qui est, certes, le laboratoire à idées et à formes, mais qui est éminente par ses qualités propres et sa force d’impact. En 2013, une importante exposition lui est consacrée à l’abbaye d’Auberive avec l’édition d’un livre conséquent. En 2010, François Pinault et Jean-Claude Volot éditèrent son premier ouvrage sur son travail.
(Extrait, Esprit singulier, 2016, Flammarion éditions et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
RIEGER Helmut
> 1931, Neisse - 2014, Munich (Allemagne)
Helmut Rieger grandit entre la Silésie et la Bavière. Arrivé à Munich après la Seconde guerre mondiale, il suit l’enseignement de design graphique à la Meisterschule für Buchdrucker (1953-1956) puis de peinture à l’Académie des Beaux-Arts (1956-1962). Bientôt, il participe aux trois principaux mouvements d’avant-garde locaux, influencés par CoBrA et l’Internationale Situationniste de Guy Debord : WIR (fondé en 1959 avec Florian Köhler et Heino Naujoks), SPUR et GEFLECHT (créé en 1966). Bien qu’il s’en détourne à la fin des années 1960, lassé du travail collectif, il gardera notamment de ces expériences le goût du noir et des encres industrielles. Au cours des années 1970, Rieger réalise ses premières sculptures en cire. C’est de cette époque que datent également ses premières expositions personnelles à Munich (Galerie van de Loo), Copenhague (Galerie Documenta) ou Stuttgart (Galerie von Kolczynski). La renommée de Rieger restera essentiellement allemande.
(Extrait, Esprit Singulier, 2016, Flammarion éditions et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
ROCHARD Arnaud
> 1986, Saint-Nazaire (France)
Arnaud Rochard est un élève de l’École supérieure d’art de Quimper et à l’Académie Royale des beaux arts de Bruxelles entre 2005 et 2010. En 2011, la galerie Maïa Muller (Paris) organise You can’t bring me down, première exposition personnelle de l’artiste. Suivront Funny Game en 2012 et Lord of the Flies en 2013. Ses œuvres sont présentées depuis en France, à Berlin, Bruxelles et Chicago. Rochard maîtrise de nombreuses techniques : gravure – eau forte ou aquatinte -, dessin à l’encre de Chine, sculpture sur de grandes plaques de bois. Le noir et blanc domine les travaux de l’artiste, qui laisse parfois les rouges, les orangés, les bleus ou les verts morbides envahir ses xylographies et ses récentes craies grasses sur papier.
(Extrait, Esprit singulier, 2016, Flammarion éditions et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
ROULLAND Jean
> 1931, Croix (France)
Jean Roulland a suivi les cours de l’école des Beaux Arts de Roubaix. Après avoir travaillé dans une usine de céramique, il se consacre à plein temps à la sculpture à partir de 1960. Influencé, dans sa jeunesse, par l’œuvre de Brancusi, il réalise quelques sculptures en bois, céramique ou pierre avant de développer à partir de 1961 son style personnel beaucoup plus expressionniste. Fasciné par le bronze, il en apprend seul la technique "à la cire perdue", et a fondu lui-même le premier exemplaire de la plupart de ses sculptures dans son atelier. II a aussi développé une œuvre peinte très importante ainsi que des gravures. Jean Roulland est membre du groupe de Roubaix avec Arthur Van Hecke, Eugène Dodeigne et Eugène Leroy. Il a reçu de nombreux prix dont le prix Rodin et Lenchener en 1972 à Paris et en 1981 le Spécial Prize. Il a aussi reçu le premier Kotaro Takamura Grand Prize à Hakone (Japon). En 1991, une importante rétrospective de son œuvre sculptée 1961-1991 lui a été consacrée à l'Hospice Comtesse de Lille.
Site officiel
RUMSEY Paul
> 1956, Essex (Royaume-Uni)
Lecteur assidu de la "Children’s Encyclopaedia" d’Arthur Mee (volumes hétéroclites peuplés d’histoires fantastiques, de poésies ou de dessins astronomiques), Paul Rumsey s’adonne dès son plus jeune âge au dessin. A seize ans, il suit le cours préparatoire de la Colchester School of Art and Design, au nord-est de Londres. Il entre en 1974 à la Chelsea School of Art (diplômé en 1977) où il développe un style propre, éloigné des courants conceptuels, abstraits ou pop enseignés majoritairement. Créateur passionné, il dédie les dix années suivantes à la réalisation d’une toile monumentale inspirée du Supplice de Marsyas, l’une des réalisations du Titien. Il finit par détruire l’œuvre, inachevée, en 1987. (...) Dès 1996, Rumsey multiplie les expositions personnelles en Angleterre (Chappel Galleries) et en France (Galerie Béatrice Soulié).
(Extrait, Esprit singulier, 2016, Flammarion éditions et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
Site officiel
RUSTIN Jean
> 1928, Montigny-les-Metz - 2013, Paris (France)
Lorrain de naissance, il suit des études secondaires à Poitiers à partir de 1939, période pendant laquelle il apprend également le violon. Ses premières toiles datent de 1944. Quelques années plus tard, il entre à l'Ecole Nationale des Beaux-Arts de Paris, dans l'atelier de Maurice Brainchon. Il rencontre Elsa, sa femme, en 1949, qui suit des études de médecine. La première période du peintre est caractérisée par une abstraction colorée. Jusqu'à une importante rétrospective d'une centaine de ses toiles au Musée Moderne de la Ville de Paris en 1971 où le peintre, bouleversé par la vision de l'ensemble de ses œuvres, décide d'en finir une fois pour toute avec l'abstraction. Dès lors, il met en place un univers figuratif sombre, inquiétant, fou diront certains, qui provoque, dès les premiers accrochages, de nombreuses polémiques.
(Cité dans La collection égotique, 2010, Lienart éditions et les éditions de l'abbaye d'Auberive)