Abécédaire des artistes

ART CONTEMPORAIN > ABÉCÉDAIRE DES ARTISTES

Tous A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
FIEVRE Yolande
> 1907-1982, Paris (France)
Figure fantasque et singulière, fille d’un homme de cirque et d’une musicienne, Yolande Fièvre a brièvement vécu en Egypte et voyagé aux Etats-Unis. Elle a traversé la modernité et la scène artistique parisienne des années 1960 et 1970 sans jamais se lier à aucun mouvement. Inspirée d’abord par le surréalisme, elle réalise des dessins automatiques qui rappellent la peinture gestuelle, puis des portraits de Julien Gracq, Philippe Soupault et André Breton qu’elle rencontre en 1952. D’autres poètes et écrivains s’intéressent à son travail, parmi lesquels André Pieyre de Mandiargues et Jean Paulhan, devenu l’un de ses amis proches depuis leur rencontre en 1938, et avec qui elle a fait plusieurs séjours sur l’île de Port-Cros. A partir de 1957, elle construit un travail d’assemblage, et montre ses premières boîtes à la galerie Simone Collinet. Elle y mêle des bois flottés, des végétaux, des coquillages, des morceaux de pierre et de céramique, mais aussi des matériaux abrasifs, éponges et tampons à récurer. Sensibles et rigoureusement composées, ces œuvres ne doivent plus rien aux automatismes surréalistes et suggèrent plutôt une réflexion sur la mémoire et sur le temps. Yolande Fièvre fréquente Jean Dubuffet, et son œuvre a parfois à tort été rapprochée de l’art brut ; elle a étudié aux Beaux-arts de Paris, puis a enseigné aux Beaux-arts d’Orléans. En 1957, elle rencontre la galeriste Iris Clert, qui a représenté certains des Nouveaux réalistes, et avec qui elle se lie d’amitié comme avec le peintre Bernard Requichot. De ce mouvement comme du Pop Art, elle reste également à l’écart, et se concentre par la suite vers l’usage de matériaux plus naturels et plus abstraits que les objets de la société de consommation qu’Arman utilise par exemple. Elle se situerait plutôt du côté d’Yves Klein ; son goût de la nature et des animaux se double d’un profond mysticisme. Elle expose ensuite chez Daniel Cordier, puis de nouveau chez Iris Clert et dans d’autres galeries à Paris et à Genève. Ses grandes sculptures, Villes de rêve et Palais de rêve, rappellent à la fois l’art populaire, le Palais Idéal du facteur Cheval et les temples hindous.
(Cité dans Esprit singulier, 2016, Flammarion éditions et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
FOUGEIROL Thomas
> 1965, Valence (France)
De 1987 à 1992, Thomas Fougeirol poursuit ses études à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, il s’initie également à la calligraphie chinoise avec le Maître Chen Dehong. En 1998, il remporte le Premier Prix de la Fondation COPRIM. Lorsqu'il peint, Thomas Fougeirol exécute comme une danse, un stupéfiant ballet homme-tableau, tableau-homme, saisissant une toile, l'installant à terre ou contre un mur et commençant à peindre en la recouvrant de pigments et de matière. C'est avec une grande énergie, de la force et parfois même de la fureur que Fougeirol exécute ses toiles, mais sans peine ni fatigue. « Thomas Fougeirol paraît être exactement à l’opposé de quelqu’un “qui a fini”, parce qu’il fait corps avec sa peinture qui se cherche, s’abandonne, se reprend, se réinvente à mesure que le peintre lui-même, son corps, le monde, ne font qu’un avec cette incessante remise en cause. » À travers ses toiles, Fougeirol ne contourne pas l’obstacle en mentant ou en se mentant. Il y aurait même chez Fougeirol une certaine façon d’imposer sa vérité – le drame et l’entreprise de peindre – avec une clarté qui peut tenir de la provocation pure.
(Cité dans Instinct'art, 2012, éditions de l'abbaye d'Auberive)
Galerie Guigon