Abécédaire des artistes

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BADIA
> 1947, Paris
Cette artiste réalise des sculptures d'hommes et de femmes avec différentes techniques (papier mâché, sable, terre, pigments, paille, résine polyester, bois flotté, etc.). Quand elle ne réalise ni ses grandes sculptures ni des plus petites en terre cuite ou en bois, elle peint. Elle collabore aussi en Corse avec Dumenicu Tognotti au « Teatru Paisanu ». À Paris, elle travaille avec plusieurs compagnies comme décoratrice et metteur en scène. Elle fonde en 1990 la Compagnie « La troisième rive ».
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BARROT Ronan
> 1973, Argol
Né en Bretagne, il vit et travaille à Paris. Après des études à l'Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, il obtient la bourse Erasmus pour étudier à Berlin puis deux ans plus tard, il part pour Tokyo avec la bourse Collin-Lefranc. Sa première exposition personnelle a lieu dans un espace privé en 1989 à L'île d'Arun en Bretagne. Ronan Barrot peint des scènes de rue, des sujets de société, des portraits, des paysages... Son style évoque autant Goya que Cézanne, le néo-expressionnisme allemand que Paul Rebeyrolle. Il a aujourd'hui acquit une notoriété telle qu'il expose chez Claude Bernard, galeriste de entre autre de Bacon et de Rebeyrolle.
Galerie Claude Bernard
BELIN Murielle
> 1976, Avignon
Murielle Belin fréquente quelques ateliers d’artistes dès l’âge de 10 ans (peintres, marionnettistes-prestidigitateurs, sculpteurs, poètes) et s’intéresse à la restauration de tableaux avant de décider en 2002 de se consacrer entièrement à la création. Touche à tout, elle travaille aussi bien la peinture à l'huile sur panneaux pour les tableaux que les bocaux, la taxidermie, les restes animaliers, l'argile et les peintures pour les sculptures. Elle manie également le fusain, la craie, l'encre de Chine pour les dessins. Entre grincements surréalistes et chaleur ambrée de la peinture primitive flamande, ses œuvres renvoient souvent à des figures de l’histoire de l’art. Sa pratique reste cependant instinctive : elle peint là où ça saigne et sculpte là où ça gratte. Se développent alors des corps à la beauté pâle, parfois monstrueuse, dont la mise à nu sonne comme une confidence.
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BELLMER Hans
> 1902, Kattowitz (Pologne) - 1975, Paris (France)
Né en Silésie allemande, il est devenu l’un des artistes majeurs du surréalisme. Après avoir suivi des cours à la Technische Hoschule de Berlin, il commence à travailler dans une mine de charbon, puis dans une aciérie avant de se consacrer à la peinture. Entre 1926 et 1932, il rencontre différentes figures du dadaïsme, mais vit de son métier de dessinateur publicitaire. En 1933, il s’oppose à la montée du nazisme. Il réalise sa première « poupée », son art est d’ailleurs qualifié d’ « art dégénéré » par les nazis. En 1938, il part s’installer à Paris et participe aux expositions surréalistes parisiennes. Dès lors, il commence plusieurs travaux avec André Breton, Paul Éluard, etc. En 1940, il est interné avec Max Ernst, Springer et Wols au Camp des Milles à Aix-en-Provence. Par la suite, il se réfugie dans la clandestinité n’ayant pas eu la possibilité de s’exiler aux États-Unis. En 1953, il rencontre Unica Zürn, poétesse qui devient sa muse et sa femme.
BETTENCOURT Pierre
> 1917, Saint-Maurice-d'Ételan - 2006, Stigny
De 1936 à 1938, pendant ses études secondaires, il suit le cours de Poétique de Paul Valéry au Collège de France. Il se passionne aussi pour le théâtre. A partir de 1941, il achète une presse, et publie pendant une douzaine d'années ses propres textes ainsi que ceux de Michaux, Artaud, Dubuffet, ou Apollinaire. C'est en 1953, à la suite d’un séjour avec Dubuffet, qu'il réalise ses premiers Hauts-Reliefs, qui deviennent sa marque de fabrique. Composés de grains de café, de coquilles d'oeufs, de pierres, de pommes de pin entre autre, ses assemblages mettent en scène des univers surréalistes. Les expositions s'enchaînent alors et ses nombreux voyages en Afrique, Océanie, Indes, Mexique, Egypte lui permettront de nourrir sa passion pour les civilisations disparues. En parallèle, il continuera son travail d'écriture.
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BIHOREAU Willy
> 1981 (France)
Willy Bihoreau est un jeune artiste qui associe pinceaux et nouvelles technologies pour composer ses tableaux aux thèmes post "fin du monde". Ces visions, aussi réalistes qu'effrayantes, sont faites d'un assemblage d'éléments photographiques, totalement repris à l'acrylique. L'idée est de donner à voir un futur dans lequel nos civilisations ne sont plus que des vestiges. Le but de cette démarche est de participer à la prise de conscience impérative pour notre avenir. Étudiant à l'École nationale supérieure d’arts-appliqués (ENSAAMA) en 2000-2001 puis adhérent des "Ateliers du 23bis" à Antony (92) de 2002 à 2005 ; il travaille aussi en autodidacte le dessin, la peinture, le graphisme et l’infographie. Depuis 2006, Willy Bihoreau participe à de nombreuses manifestations artistiques dont le salon Mac 2000 à Paris. Il expose aussi à la Attis Art Gallery (Washington, Las Vegas).
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BIZIEN Vincent
> 1968, Paris (France)
Diplômé de l'École Nationale Supérieure des Beaux-Arts en 1992, il reçoit la bourse de la Fondation de France sur un projet d'études sur les fresques de Pierro Della Francesca à Arezzo (Italie). Aujourd'hui, il travaille à Paris et participe à plusieurs expositions à Londres, Paris, Bruxelles et est présent dans différentes collections telles que le FNAC, des collections françaises et européennes privées.
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BOIX-VIVES Anselme
> 1899, Herbezet (Espagne) - 1969, Moûtiers
Né en Espagne, issu d'une famille pauvre, il ne peut pas aller à l'école. Très jeune, il devient gardien de troupeaux. Il arrive en France en 1917, à l'âge de 18 ans, où il se fait embaucher dans diverses usines. En 1926, grâce à ses économies, il ouvre sa propre boutique de fruits et légumes en Haute-Savoie. Fier de sa réussite, il vit heureux avec sa femme et ses trois enfants jusqu'en 1962 où tout vacille : la mort de sa femme et de sérieux soucis de santé le meurtrissent au point de devoir abandonner ses affaires à l'un de ses fils. Là commence une nouvelle vie, entièrement consacrée à la peinture. Le premier tableau date de juillet 1962 et le dernier, achevé en 1969. Sept années de création où il laisse plus de deux mille œuvres : dessins et gouaches principalement.
Galerie Alain Margaron
BOKOR Miklos
> 1927, Budapest (Hongrie)
Marquée par la guerre et la déportation, l'œuvre de Bokor porte en elle le poids de l’histoire du XXe siècle, mais son envergure la situe au delà du témoignage auquel on pourrait être tenté de la réduire. L’œuvre du peintre Miklos Bokor, né à Budapest et installé en France depuis près d’un demi-siècle, a été très tôt reconnue pour sa qualité et son ampleur. Elle a été saluée à maintes reprises comme une création majeure. Que se soit sur papier ou sur toile, l'oeuvre de Bokor est toujours complexe. À partir de lieux revisités, le peintre module des paysages saturés de présence, à la limite de l'apparition et de la disparition, à la fois stable et mouvant. Entre histoire et imaginaire, les lectures qu'on peut faire de ses toiles sont variées et appellent à la confrontation, aux ruptures de styles sans rien retirer à son unité. L’artiste intègre aussi la figure humaine sous forme de représentations archétypales, et s’y livre à une méditation sans concession sur l’homme et l’humanité aux prises avec l’Histoire. Si l’interrogation s’élève à la dimension du mythe, elle s’inscrit fondamentalement dans le bouleversement majeur que représente Auschwitz.
BOUDEAU Joseph-Emmanuel
> 1884, Brouzils - ?
De Joseph-Emmanuel Boudeau, matelot de la marine nationale et vétéran de la Grande Guerre, né aux Brouzils, en Vendée, le 2 janvier 1884, on ne sait pas grand chose, sinon ce qu’on peut lire au dos de deux grands dessins retrouvés par hasard chez un antiquaire, ainsi que dans les longs commentaires qui accompagnent chacune de ces images : une représentation joyeusement coloriée du cuirassé Le Dunkerque et une vue naïve du Mont Saint-Michel, datées respectivement de 1937 et 1938. Deux illustrations d’une exécution parfaite, mises en couleur à la façon des planches des premiers illustrés ou des vignettes des vieux livres d’enfants, et dont le lettrage chantourné, cachant les faiblesses d’une orthographe approximative, évoque plutôt les travaux d’aiguille et le raffinement des abécédaires brodés. Réalisés sur papier au crayon et à l’encre de Chine, avec un sens aigu de la stylisation et un vrai talent décoratif, ces petits chefs d’œuvre d’art populaire, ayant demandé « plus de 100 heures de dessin », sont présentés comme des « Imitations », et semblent donc être une libre interprétation, à portée moralisatrice, d’un document qui plaisait à l’auteur. Lequel se montre à la fois ardent patriote, royaliste et croyant fidèle, en bon Vendéen, tout en vouant un culte généreux à l’humanité. « Le genre humain a commis plus d’erreurs par la défiance que par la confiance », proclame dans un cartel cet homme de foi, encore fier, vingt ans après, d’avoir servi sur le croiseur d’Entrecasteaux au cours de la « Guerre des Nations ». (in Mycelium : génie savant - génie brut, Laurent Danchin)
BRU Georges
> 1933, Fumel
Il a enseigné le dessin à l'Ecole des Beaux-Arts de Toulon pendant plusieurs années. Dès ses premières expositions à Paris et en province en 1967, Georges Bru fait preuve d'une grande maîtrise du dessin tragique et hallucinatoire, et affirme une esthétique singulière dans laquelle le monde est déformé, estompé, opacifié. Ses scènes s'inscrivent dans un registre théâtral, dont la force spectaculaire est assourdie par les tons cendrés, produisant comme un étouffement de la réalité. Les personnages de ses tableaux, aux allures surréalistes, semblent dépourvus de toute humanité. Le dénuement de la composition évoque la solitude dans laquelle sont enfermés les protagonistes. Malgré cette tension grave et intense et la confrontation de forces organiques, le rendu y est minutieux, l'atmosphère voilée.
Galerie Chave