Abécédaire des artistes

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ABELLO VIVES José Francisco
> 1959, Santa Marta - 2013, Cartagena (Colombie)
Peintre trisomique colombien, diplômé des Beaux-Arts de Carthagène, il anime un programme d’éducation artistique pour les enfants handicapés jusqu’en octobre 2006. Il laisse un ensemble d’aquarelles, de gouaches et de céramiques dont la fraîcheur enfantine fait l’admiration de son compatriote, le peintre Enrique Grau, ainsi que d’un certain nombre de personnalités des arts et des lettres de son pays. Gabriel García Márquez, affectueusement connu sous le nom de « Gabo » qui a remporté le Prix Nobel de Littérature en 1982, fait partie de son entourage. Ses meilleurs travaux sont des portraits aux couleurs vives exprimant, entre autres, un désarmant naturel dans la représentation du nu.
(cité dans Mycelium : génie savant-génie brut, 2013, texte de Laurent Danchin, éditions de l'abbaye d'Auberive)
ADAM Sabhan
> 1972, Al-Hasakah (Syrie)
Autodidacte, il commence à peindre à l’âge de 17 ans. Intéressé par la philosophie, la poésie et la sociologie, il publie ses œuvres ainsi que des poèmes dans la presse. En 1999, il emménage à Paris et séjourne à la Cité internationale des arts, son travail gagne alors en visibilité. Résidant aujourd’hui à Damas, son œuvre témoigne d’une sensibilité marquée par la guerre civile qui déchire son pays. (...) Reflet d’un malaise collectif lié au contexte, la gravité de son œuvre correspond également à l’expression d’un combat interne. Par la force de son questionnement vis-à-vis de l’art et de ses rapports à l’existence, il dépasse les origines et les déterminations culturelles et se veut universel. Véritable plongée dans les régions obscures de l’âme, Sabhan Adam exprime sa condition et entend s’adresser plus largement à tous ceux qui côtoient le tragique et sont victimes d’injustice.
(Extrait, Esprit singulier, 2016, éditions Flammarion et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
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AÏNI Philippe
> 1952, Bordeaux (France)
Philippe Aïni est un créateur hors norme, explorateur de la matière et du support. Son œuvre, affranchie de toute contrainte formelle, évolue librement au gré de l’imaginaire de cet artiste autodidacte, ouvrier pâtissier de formation. C’est à 24 ans qu’Aïni débute sa carrière d’artiste. Ses premières œuvres, des huiles sur toile à la touche épaisse, annoncent déjà sa fascination pour la figure humaine. Des corps aux muscles gonflés, malmenés, déformés se contorsionnent jusqu’aux limites du cadre. Sujet perpétuel de son œuvre, ces corps qui s’étirent, qui s’étendent et se tendent prennent une nouvelle ampleur dès 1985. (...) Artiste transdisciplinaire, Aïni expérimente alors le modelage, compose des figures de terre cuite, fabrique des robes-peintures. Depuis les années 2000, l’artiste travaille les bois précieux et y façonne les formes abstraites ou zoomorphiques d’une religion oubliée. Démiurge, il recouvre ses sculptures et ses toiles d’une multitude de signes aux lignes organiques, idéogrammes fantasmatiques d’une langue michaldienne. Artiste complet, Philippe Aïni ne cesse de remettre en question sa pratique et celle du matériau. Il dévoile sa vision de l’humain – un être de chair, un être de matière prenant vie dans une œuvre puissante et protéiforme.
(Extrait, Esprit singulier, 2016, éditions Flammarion et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
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ALFANDARI Alexandre
> 1969 - 2002
Né en 1969 et mort volontairement en 2002 (à 33 ans !!!). Pour regarder l’œuvre d’Alexandre Alfandari, j’ai l’avantage de ne l’avoir jamais rencontré... Avantage car ce qui a été écrit sur lui est empreint d’un amour si grand de la part des gens qui l’ont connu que ces textes ne sont forcément pas objectifs... Lorsque je vis une quinzaine de la centaine de toiles qu’il fit je compris de suite que son œuvre était au centre de gravité exact de ma collection et de ma recherche. Diplômé de l'Ecole nationale supérieure d'enseignement plastiques de l'école d'art d'Avignon et des Beaux-arts de Paris, hyper doué, il semble très vite être allé au bout de toutes choses, consommant la vie trois fois plus vite, que tout un chacun... Peut-être avait-il déjà 99 ans ? Sa connaissance de l’histoire de l’art mais aussi de l’histoire de l’humanité est élevée et il en use abondamment pour ancrer ses messages.
(Extrait, Esprit singulier, 2016, texte de Jean-Claude Volot, éditions Flammarion et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
AMOURETTE Pierre
> 1947, Jersey (Îles Anglo-Normandes)
Pierre Amourette arrive en France à l’âge de quatre ans. Instituteur spécialisé aujourd’hui retraité, il est basé à Nogent-le-Rotrou depuis 1973. La découverte puis la rencontre avec l’artiste Jephan de Vinniers constitue un élément fondateur dans l’évolution de sa production. La pratique de la sculpture sur pierre puis sur bois le mène progressivement au travail de la terre et de la céramique. Pierre Amourette s’émerveille des ressources et potentialités offertes par la matière qu’il peut pétrir et modeler jusqu’à lui donner la forme de ses images mentales. Sensibles et spontanées, ses œuvres sont la transposition plastique d’une nécessité intérieure. (...) Pierre Amourette réalise des œuvres singulières et ambivalentes où la robustesse liée à la vulnérabilité des matériaux caractérise ses compositions. De ses sculptures, souvent denses et massives, jaillit pourtant une multitude d’éléments : drapés et plis des tissus, coiffure des cheveux et bouches béantes. Par la violence et la crudité des postures et expressions, notamment, Pierre Amourette entend susciter l’émotion : « Je travaille sur un imaginaire commun avec plein d’entrées possibles. Mes statues trouvent leur place aussi bien dans un musée d’art populaire que dans une galerie d’art contemporain. ».
(Extrait, Esprit singulier, 2016, éditions Flammarion et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
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APPEL Karel
> 1921, Amsterdam (Pays-Bas) – 2006, Zurich (Suisse)
"Un tableau n'est plus une construction de couleurs et de traits, mais un animal, une nuit, un cri, un être humain, il forme un tout indivisible". Karel Appel a étudié à l’Académie des Beaux-Arts d'Amsterdam de 1940 à 1943. Son intérêt se porte sur Picasso, Matisse, Klee. En 1948, il fonde, avec Corneille et Constant, le groupe expérimental Reflex (noyau néerlandais du groupe Cobra) dont une des sources d'inspiration est l'art enfantin. Appel s’installe à Paris en 1950. Sa peinture, dénuée de toute référence à la réalité, est alors violemment gestuelle et matiériste. Puis, son œuvre penche vers le dessin d’enfant et le dessin primitif. L’artiste reconstitue à son propre usage un "graphisme à l’état sauvage". Appel fait alors allusion à la figuration par des paysages imaginaires, des animaux indéfinis ou des nus douloureux. En 1957, aux États-Unis, il commence une série de musiciens puis de nus et s'attache à retranscrire les sentiments violents que lui inspire le monde. Karel Appel explore la lithographie, la sculpture, la peinture murale, le collage, le vitrail... Il collecte des objets de rebut et des déchets urbains qu’il intègre à ses toiles.
(Cité dans Instinct'art, 2012, éditions de l'abbaye d'Auberive)
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ARICKX Lydie
> 1954, Villecresnes (France)
Née dans l'Oise de parents d'origine flamande, Lydie Arickx étudie à l'Ecole Supérieure d'Arts Graphiques de Paris de 1974 à 1978. Elle présente ses œuvres dès 1982 à la Galerie Jean Briance de Paris, puis en 1983 à la Galerie Amaury Taittinger de New-York. Elle s'installe dans les Landes en 1991 et aborde la sculpture monumentale, puis la fresque à partir de 1993. Les œuvres de Lydie Arickx figurent dans les collections publiques internationales des plus prestigieuses institutions culturelles comme le Musée National d’Art Moderne de Paris, le Centre Pompidou, le Musée de Tokyo... Lydie Arickx se partage entre son travail de peintre et sculpteur et la création de dynamiques de rencontres impliquant l'art au sein de la population. Dans cette démarche elle participe à de nombreux ateliers de sensibilisation dans le cadre des écoles et des entreprises.
(Cité dans La collection égotique, 2010, éditions de l'abbaye d'Auberive)
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