Abécédaire des artistes

ART CONTEMPORAIN > ABÉCÉDAIRE DES ARTISTES

Tous A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
ABELLO VIVES José Francisco
> 1959, Santa Marta - 2013, Cartagena (Colombie)
Peintre trisomique colombien, diplômé des Beaux-Arts de Carthagène, il anime un programme d’éducation artistique pour les enfants handicapés jusqu’en octobre 2006. Il laisse un ensemble d’aquarelles, de gouaches et de céramiques dont la fraîcheur enfantine fait l’admiration de son compatriote, le peintre Enrique Grau, ainsi que d’un certain nombre de personnalités des arts et des lettres de son pays. Gabriel García Márquez, affectueusement connu sous le nom de « Gabo » qui a remporté le Prix Nobel de Littérature en 1982, fait partie de son entourage. Ses meilleurs travaux sont des portraits aux couleurs vives exprimant, entre autres, un désarmant naturel dans la représentation du nu.
(cité dans Mycelium : génie savant-génie brut, 2013, texte de Laurent Danchin, éditions de l'abbaye d'Auberive)
ADAM Sabhan
> 1972, Al-Hasakah (Syrie)
Autodidacte, il commence à peindre à l’âge de 17 ans. Intéressé par la philosophie, la poésie et la sociologie, il publie ses œuvres ainsi que des poèmes dans la presse. En 1999, il emménage à Paris et séjourne à la Cité internationale des arts, son travail gagne alors en visibilité. Résidant aujourd’hui à Damas, son œuvre témoigne d’une sensibilité marquée par la guerre civile qui déchire son pays. (...) Reflet d’un malaise collectif lié au contexte, la gravité de son œuvre correspond également à l’expression d’un combat interne. Par la force de son questionnement vis-à-vis de l’art et de ses rapports à l’existence, il dépasse les origines et les déterminations culturelles et se veut universel. Véritable plongée dans les régions obscures de l’âme, Sabhan Adam exprime sa condition et entend s’adresser plus largement à tous ceux qui côtoient le tragique et sont victimes d’injustice.
(Extrait, Esprit singulier, 2016, éditions Flammarion et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
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AÏNI Philippe
> 1952, Bordeaux (France)
Philippe Aïni est un créateur hors norme, explorateur de la matière et du support. Son œuvre, affranchie de toute contrainte formelle, évolue librement au gré de l’imaginaire de cet artiste autodidacte, ouvrier pâtissier de formation. C’est à 24 ans qu’Aïni débute sa carrière d’artiste. Ses premières œuvres, des huiles sur toile à la touche épaisse, annoncent déjà sa fascination pour la figure humaine. Des corps aux muscles gonflés, malmenés, déformés se contorsionnent jusqu’aux limites du cadre. Sujet perpétuel de son œuvre, ces corps qui s’étirent, qui s’étendent et se tendent prennent une nouvelle ampleur dès 1985. (...) Artiste transdisciplinaire, Aïni expérimente alors le modelage, compose des figures de terre cuite, fabrique des robes-peintures. Depuis les années 2000, l’artiste travaille les bois précieux et y façonne les formes abstraites ou zoomorphiques d’une religion oubliée. Démiurge, il recouvre ses sculptures et ses toiles d’une multitude de signes aux lignes organiques, idéogrammes fantasmatiques d’une langue michaldienne. Artiste complet, Philippe Aïni ne cesse de remettre en question sa pratique et celle du matériau. Il dévoile sa vision de l’humain – un être de chair, un être de matière prenant vie dans une œuvre puissante et protéiforme.
(Extrait, Esprit singulier, 2016, éditions Flammarion et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
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ALFANDARI Alexandre
> 1969 - 2002
Né en 1969 et mort volontairement en 2002 (à 33 ans !!!). Pour regarder l’œuvre d’Alexandre Alfandari, j’ai l’avantage de ne l’avoir jamais rencontré... Avantage car ce qui a été écrit sur lui est empreint d’un amour si grand de la part des gens qui l’ont connu que ces textes ne sont forcément pas objectifs... Lorsque je vis une quinzaine de la centaine de toiles qu’il fit je compris de suite que son œuvre était au centre de gravité exact de ma collection et de ma recherche. Diplômé de l'Ecole nationale supérieure d'enseignement plastiques de l'école d'art d'Avignon et des Beaux-arts de Paris, hyper doué, il semble très vite être allé au bout de toutes choses, consommant la vie trois fois plus vite, que tout un chacun... Peut-être avait-il déjà 99 ans ? Sa connaissance de l’histoire de l’art mais aussi de l’histoire de l’humanité est élevée et il en use abondamment pour ancrer ses messages.
(Extrait, Esprit singulier, 2016, texte de Jean-Claude Volot, éditions Flammarion et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
AMOURETTE Pierre
> 1947, Jersey (Îles Anglo-Normandes)
Pierre Amourette arrive en France à l’âge de quatre ans. Instituteur spécialisé aujourd’hui retraité, il est basé à Nogent-le-Rotrou depuis 1973. La découverte puis la rencontre avec l’artiste Jephan de Vinniers constitue un élément fondateur dans l’évolution de sa production. La pratique de la sculpture sur pierre puis sur bois le mène progressivement au travail de la terre et de la céramique. Pierre Amourette s’émerveille des ressources et potentialités offertes par la matière qu’il peut pétrir et modeler jusqu’à lui donner la forme de ses images mentales. Sensibles et spontanées, ses œuvres sont la transposition plastique d’une nécessité intérieure. (...) Pierre Amourette réalise des œuvres singulières et ambivalentes où la robustesse liée à la vulnérabilité des matériaux caractérise ses compositions. De ses sculptures, souvent denses et massives, jaillit pourtant une multitude d’éléments : drapés et plis des tissus, coiffure des cheveux et bouches béantes. Par la violence et la crudité des postures et expressions, notamment, Pierre Amourette entend susciter l’émotion : « Je travaille sur un imaginaire commun avec plein d’entrées possibles. Mes statues trouvent leur place aussi bien dans un musée d’art populaire que dans une galerie d’art contemporain. ».
(Extrait, Esprit singulier, 2016, éditions Flammarion et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
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APPEL Karel
> 1921, Amsterdam (Pays-Bas) – 2006, Zurich (Suisse)
"Un tableau n'est plus une construction de couleurs et de traits, mais un animal, une nuit, un cri, un être humain, il forme un tout indivisible". Karel Appel a étudié à l’Académie des Beaux-Arts d'Amsterdam de 1940 à 1943. Son intérêt se porte sur Picasso, Matisse, Klee. En 1948, il fonde, avec Corneille et Constant, le groupe expérimental Reflex (noyau néerlandais du groupe Cobra) dont une des sources d'inspiration est l'art enfantin. Appel s’installe à Paris en 1950. Sa peinture, dénuée de toute référence à la réalité, est alors violemment gestuelle et matiériste. Puis, son œuvre penche vers le dessin d’enfant et le dessin primitif. L’artiste reconstitue à son propre usage un "graphisme à l’état sauvage". Appel fait alors allusion à la figuration par des paysages imaginaires, des animaux indéfinis ou des nus douloureux. En 1957, aux États-Unis, il commence une série de musiciens puis de nus et s'attache à retranscrire les sentiments violents que lui inspire le monde. Karel Appel explore la lithographie, la sculpture, la peinture murale, le collage, le vitrail... Il collecte des objets de rebut et des déchets urbains qu’il intègre à ses toiles.
(Cité dans Instinct'art, 2012, éditions de l'abbaye d'Auberive)
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ARICKX Lydie
> 1954, Villecresnes (France)
Née dans l'Oise de parents d'origine flamande, Lydie Arickx étudie à l'Ecole Supérieure d'Arts Graphiques de Paris de 1974 à 1978. Elle présente ses œuvres dès 1982 à la Galerie Jean Briance de Paris, puis en 1983 à la Galerie Amaury Taittinger de New-York. Elle s'installe dans les Landes en 1991 et aborde la sculpture monumentale, puis la fresque à partir de 1993. Les œuvres de Lydie Arickx figurent dans les collections publiques internationales des plus prestigieuses institutions culturelles comme le Musée National d’Art Moderne de Paris, le Centre Pompidou, le Musée de Tokyo... Lydie Arickx se partage entre son travail de peintre et sculpteur et la création de dynamiques de rencontres impliquant l'art au sein de la population. Dans cette démarche elle participe à de nombreux ateliers de sensibilisation dans le cadre des écoles et des entreprises.
(Cité dans La collection égotique, 2010, éditions de l'abbaye d'Auberive)
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BADIA
> 1947, France
Notre rencontre se fit dans les années 80 au fil des squats qui l’hébergèrent dans Paris et sa banlieue. Badia n’est pas que peintre et sculptrice, sa vie entière est une œuvre au service des délaissés de notre époque. Elle fut une militante active du DAL et de bien d’autres actions comme celle de l’abbé Pierre. Pour son engagement libertaire elle a utilisé peinture et sculpture comme simple moyen d’expression de celui-ci. (...) Aujourd’hui, elle consacre une partie de son temps à l’action populaire de terrain via la musique libre des fanfares anarchistes, à l’activité culturelle en milieu rural, au chant populaire anarchiste italien et au théâtre de rue. Son travail expressionniste révolutionnaire décrit l’intolérable de notre société. Elle est assurément le dernier des CoBrA dans ce qui les unit, certainement pas dans ce qui les divisa. L’excellente revue Cimaise en 2003 la liait à Francisco de Goya, à James Ensor, à Antonin Artaud et à Jean Genet. Badia est une œuvre et elle n’est pas à vendre.
(Extrait, Esprit singulier, 2016, texte de Jean-Claude Volot, éditions Flammarion et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
BARROT Ronan
> 1973, Argol
Né en Bretagne, il vit et travaille à Paris. Après des études à l'Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, il obtient la bourse Erasmus pour étudier à Berlin puis deux ans plus tard, il part pour Tokyo avec la bourse Collin-Lefranc. Sa première exposition personnelle a lieu dans un espace privé en 1989 à L'île d'Arun en Bretagne. Ronan Barrot peint des scènes de rue, des sujets de société, des portraits, des paysages... Son style évoque autant Goya que Cézanne, le néo-expressionnisme allemand que Paul Rebeyrolle. Il a aujourd'hui acquit une notoriété telle qu'il expose chez Claude Bernard, galeriste de Bacon et Rebeyrolle notamment.
(Cité dans La collection égotique, 2010, Lienart éditions et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
Galerie Claude Bernard
BELIN Murielle
> 1976, Avignon
Murielle Belin fréquente quelques ateliers d’artistes dès l’âge de 10 ans (peintres, marionnettistes-prestidigitateurs, sculpteurs, poètes) et s’intéresse à la restauration de tableaux avant de décider en 2002 de se consacrer entièrement à la création. Touche à tout, elle travaille aussi bien la peinture à l'huile sur panneaux pour les tableaux que les bocaux, la taxidermie, les restes animaliers, l'argile et les peintures pour les sculptures. Elle manie également le fusain, la craie, l'encre de Chine pour les dessins. Entre grincements surréalistes et chaleur ambrée de la peinture primitive flamande, ses œuvres renvoient souvent à des figures de l’histoire de l’art. Sa pratique reste cependant instinctive : elle peint là où ça saigne et sculpte là où ça gratte. Se développent alors des corps à la beauté pâle, parfois monstrueuse, dont la mise à nu sonne comme une confidence.
(Cité dans Instinct'art, 2012, éditions de l'abbaye d'Auberive)
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BELLMER Hans
> 1902, Kattowitz (Pologne) - 1975, Paris (France)
Au début des années 1920, Hans Bellmer, qui s’intéresse intensément à l’art, la littérature et la philosophie, découvre Dada et se lie d’amitié avec Georg Grosz qui encourage ses premiers travaux. Grâce à celui-ci, il trouve une place d’apprenti typographe dans une maison d’édition dirigée par le dadaïste Wieland Herzefeld et réalise ses premières illustrations et couvertures. Il peint, très influencé par Grosz, mais aussi Otto Dix ou Rudolf Schlichter. A l’arrivée de Hitler au pouvoir, Bellmer cesse de travailler, en signe de protestation. Il commence la confection de sa première Poupée – dont il photographie les nombreuses étapes – et dessine beaucoup, dans un style léché inspiré par l’art germanique, médiéval et renaissant. L’année suivante, il est marqué par les dernières recherches des surréalistes, découvertes dans la revue Minotaure ; il envoie à André Breton des photographies de la Poupée qui les publie avec enthousiasme, impressionné par l’imbrication des thèmes de l’érotisme, du désir, de l’enfance et de la mort. Bellmer rejoint le groupe en 1935 et participe désormais à toutes ses expositions collectives. A la mort de son épouse Margarete de la tuberculose en février 1938, il quitte enfin l’Allemagne nazie pour Paris. Bellmer fait de nouvelles rencontres (Man Ray, Hans Arp, Marcel Duchamp, Meret Oppenheim), crée de nouveaux objets et écrit beaucoup. Le motif de la métamorphose du corps féminin prend une importance toujours plus grande. Ressortissant allemand, il est interné pendant la guerre dans plusieurs camps avant de se réfugier à Castres, puis de rejoindre le maquis. Il entreprend la rédaction d’un ouvrage théorique ambitieux, illustré par ses soins, Petite anatomie de l’inconscient physique ou l’anatomie de l’image, qui l’occupera jusqu’en 1954. Il entame un dialogue intellectuel d’une grande intensité avec le poète Joë Bousquet, se passionne pour les thèmes de l’androgynie, de l’exhibitionnisme, du démembrement et illustre l’Histoire de l’œil de Georges Bataille. Il réalise des portraits de commande pour survivre. Après-guerre, Bellmer expose de plus en plus et multiplie les travaux d’illustration. Son retour en Allemagne en 1953 – pour la première fois depuis quinze ans – marque le début de la reconnaissance de son travail dans son pays natal, mais surtout sa rencontre avec une jeune artiste et écrivain, Unica Zürn, qui devient sa compagne. Il faudra cependant attendre les années 1960 et 1970 pour que l’œuvre de Bellmer fasse l’objet d’une reconnaissance institutionnelle.
(Cité dans Esprit singulier, 2016, éditions Flammarion et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
BETTENCOURT Pierre
> 1917, Saint-Maurice-d'Ételan - 2006, Stigny (France)
De 1936 à 1938, pendant ses études secondaires, il suit le cours de Poétique de Paul Valéry au Collège de France. Il se passionne aussi pour le théâtre. A partir de 1941, il achète une presse, et publie pendant une douzaine d'années ses propres textes ainsi que ceux de Michaux, Artaud, Dubuffet, ou Apollinaire. C'est en 1953, à la suite d’un séjour avec Dubuffet, qu'il réalise ses premiers Hauts-Reliefs, qui deviennent sa marque de fabrique. Composés de grains de café, de coquilles d'oeufs, de pierres, de pommes de pin entre autre, ses assemblages mettent en scène des univers surréalistes. Les expositions s'enchaînent alors et ses nombreux voyages en Afrique, Océanie, Indes, Mexique, Egypte lui permettront de nourrir sa passion pour les civilisations disparues. En parallèle, il continuera son travail d'écriture.
(Cité dans la collection égotique, 2010, éditions de l'abbaye d'Auberive)
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BIHOREAU Willy
> 1981 (France)
Willy Bihoreau est un jeune artiste qui associe pinceaux et nouvelles technologies pour composer ses tableaux aux thèmes post "fin du monde". Ces visions, aussi réalistes qu'effrayantes, sont faites d'un assemblage d'éléments photographiques, totalement repris à l'acrylique. L'idée est de donner à voir un futur dans lequel nos civilisations ne sont plus que des vestiges. Le but de cette démarche est de participer à la prise de conscience impérative pour notre avenir. Étudiant à l'École nationale supérieure d’arts-appliqués (ENSAAMA) en 2000-2001 puis adhérent des "Ateliers du 23bis" à Antony (92) de 2002 à 2005 ; il travaille aussi en autodidacte le dessin, la peinture, le graphisme et l’infographie. Depuis 2006, Willy Bihoreau participe à de nombreuses manifestations artistiques dont le salon Mac 2000 à Paris. Il expose aussi à la Attis Art Gallery (Washington, Las Vegas).
(Cité dans Instinct'art, 2012, éditions de l'abbaye d'Auberive)
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BIZIEN Vincent
> 1968, Paris (France)
Diplômé de l'École Nationale Supérieure des Beaux-Arts en 1992, il reçoit la bourse de la Fondation de France sur un projet d'études sur les fresques de Pierro Della Francesca à Arezzo (Italie). Aujourd'hui, il travaille à Paris et participe à plusieurs expositions à Londres, Paris, Bruxelles et est présent dans différentes collections telles que le FNAC, des collections françaises et européennes privées.
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BLANQUET Stéphane
> 1973, Conflans-Sainte-Honorine (France)
Éditeur, illustrateur, vidéaste, plasticien, « directeur oculaire », Stéphane Blanquet est un artiste aussi multidisciplinaire que prolifique. Et ce, depuis un très jeune âge : actif depuis la fin des années 1980, il n’attend pas la fin de ses études pour fonder, alors qu’il n’a que 16 ans, les éditions Chacal Puant qui publient ses fanzines mais aussi son premier livre, Cave Woman, en 1993. Cette année sera également celle de sa 1ère exposition à la librairie parisienne Un regard moderne. Il reçoit en 1996 l’Alphart du fanzine à Angoulême. Blanquet passe sans flancher du papier à la vidéo et en 1997, se lance dans la réalisation de films d’animation. Son premier court métrage, Le Mélange des couleurs, sort la même année sous l’égide de Canal +. Il réalise depuis des courts métrages d’animation, dont La Peau de chagrin, sélectionné lors de la semaine de la critique (hors compétition) au Festival de Cannes en 2003. Pendant ces années, il ne cesse son activité d’éditeur et d’illustrateur en s’aventurant dans la production de livres pour enfants. Il s’associe à de grands éditeurs tels Albin Michel qui publie en 2006 La Vieille Chéchette du Louise Michel et Gallimard pour qui il illustre La Reine des neiges d’Andersen en 2010. En 2003, Blanquet fait la rencontre déterminante de Jean Lambert-Wild. C’est le début d’une belle collaboration qui commence avec la réalisation d’affiches, puis de scénographies et de costumes. Blanquet a été nommé en 2007 « directeur oculaire » de la Comédie de Caen et agit en tant que responsable de l’image et de la communication. La carrière de Blanquet est à l’image de son œuvre : foisonnante, abondante, voire boulimique ; elle est multidirectionnelle et faites de nombreuses strates. L’abbaye d’Auberive est son premier soutien dans son nouveau travail sur la tapisserie numérique.
(Cité dans Esprit singulier, 2016, éditions Flammarion et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
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BOIX-VIVES Anselme
> 1899, Herbezet (Espagne) - 1969, Moûtiers (France)
Né en Espagne, issu d'une famille pauvre, il ne peut pas aller à l'école. Très jeune, il devient gardien de troupeaux. Il arrive en France en 1917, à l'âge de 18 ans, où il se fait embaucher dans diverses usines. En 1926, grâce à ses économies, il ouvre sa propre boutique de fruits et légumes en Haute-Savoie. Fier de sa réussite, il vit heureux avec sa femme et ses trois enfants jusqu'en 1962 où tout vacille : la mort de sa femme et de sérieux soucis de santé le meurtrissent au point de devoir abandonner ses affaires à l'un de ses fils. Là commence une nouvelle vie, entièrement consacrée à la peinture. Le premier tableau date de juillet 1962 et le dernier, achevé en 1969. Sept années de création où il laisse plus de deux mille œuvres : dessins et gouaches principalement.
(Cité dans La collection égotique, 2010, Lienart éditions et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
BOKOR Miklos
> 1927, Budapest (Hongrie)
Marquée par la guerre et la déportation, l'œuvre de Bokor porte en elle le poids de l’histoire du XXe siècle, mais son envergure la situe au delà du témoignage auquel on pourrait être tenté de la réduire. L’œuvre du peintre Miklos Bokor, né à Budapest et installé en France depuis près d’un demi-siècle, a été très tôt reconnue pour sa qualité et son ampleur. Elle a été saluée à maintes reprises comme une création majeure. Que se soit sur papier ou sur toile, l'oeuvre de Bokor est toujours complexe. À partir de lieux revisités, le peintre module des paysages saturés de présence, à la limite de l'apparition et de la disparition, à la fois stable et mouvant. Entre histoire et imaginaire, les lectures qu'on peut faire de ses toiles sont variées et appellent à la confrontation, aux ruptures de styles sans rien retirer à son unité. L’artiste intègre aussi la figure humaine sous forme de représentations archétypales, et s’y livre à une méditation sans concession sur l’homme et l’humanité aux prises avec l’Histoire. Si l’interrogation s’élève à la dimension du mythe, elle s’inscrit fondamentalement dans le bouleversement majeur que représente Auschwitz.
(Cité dans Instinct'art, 2012, éditions de l'abbaye d'Auberive)
BOUDEAU Joseph-Emmanuel
> 1884, Brouzils - ?
De Joseph-Emmanuel Boudeau, matelot de la marine nationale et vétéran de la Grande Guerre, né aux Brouzils, en Vendée, le 2 janvier 1884, on ne sait pas grand chose, sinon ce qu’on peut lire au dos de deux grands dessins retrouvés par hasard chez un antiquaire, ainsi que dans les longs commentaires qui accompagnent chacune de ces images : une représentation joyeusement coloriée du cuirassé Le Dunkerque et une vue naïve du Mont Saint-Michel, datées respectivement de 1937 et 1938. Deux illustrations d’une exécution parfaite, mises en couleur à la façon des planches des premiers illustrés ou des vignettes des vieux livres d’enfants, et dont le lettrage chantourné, cachant les faiblesses d’une orthographe approximative, évoque plutôt les travaux d’aiguille et le raffinement des abécédaires brodés. Réalisés sur papier au crayon et à l’encre de Chine, avec un sens aigu de la stylisation et un vrai talent décoratif, ces petits chefs d’œuvre d’art populaire, ayant demandé « plus de 100 heures de dessin », sont présentés comme des « Imitations », et semblent donc être une libre interprétation, à portée moralisatrice, d’un document qui plaisait à l’auteur. Lequel se montre à la fois ardent patriote, royaliste et croyant fidèle, en bon Vendéen, tout en vouant un culte généreux à l’humanité. « Le genre humain a commis plus d’erreurs par la défiance que par la confiance », proclame dans un cartel cet homme de foi, encore fier, vingt ans après, d’avoir servi sur le croiseur d’Entrecasteaux au cours de la « Guerre des Nations ».
(Cité dans Mycelium : génie savant - génie brut, 2014, texte de Laurent Danchin, éditions de l'abbaye d'Auberive)
BRU Georges
> 1933, Fumel (France)
Il a enseigné le dessin à l'Ecole des Beaux-Arts de Toulon pendant plusieurs années. Dès ses premières expositions à Paris et en province en 1967, Georges Bru fait preuve d'une grande maîtrise du dessin tragique et hallucinatoire, et affirme une esthétique singulière dans laquelle le monde est déformé, estompé, opacifié. Ses scènes s'inscrivent dans un registre théâtral, dont la force spectaculaire est assourdie par les tons cendrés, produisant comme un étouffement de la réalité. Les personnages de ses tableaux, aux allures surréalistes, semblent dépourvus de toute humanité. Le dénuement de la composition évoque la solitude dans laquelle sont enfermés les protagonistes. Malgré cette tension grave et intense et la confrontation de forces organiques, le rendu y est minutieux, l'atmosphère voilée.
(Cité dans La collection égotique, 2010, éditions de l'abbaye d'Auberive)
Galerie Chave
BUSSET Nicolas
> 1983 (France)
Né en 1983 en Champagne. Il est Diplômé de l’école des beaux-arts de Nancy ou il vit. Il "rencontra" Alfred Kubin à l’abbaye d’Auberive lors d’un stage de médiateur culturel durant l'été 2010. Cette découverte le troubla profondément. Il se mit à dessiner frénétiquement les sujets et questionnements que sa vie lui apportaient, comme si, par le trait, il cherchait à exprimer ce que d'autres disent avec le verbe. Pendant cinq ans, aux Beaux-Arts, il eut à souffrir du peu d’intérêt que le cursus de formation porte au dessin. Cette abondance graphique estivale fut pour lui comme un exutoire libérateur. Kubin mais aussi Egon Schiele, Jean-Michel Basquiat, Otto Dix, Ernst Kirchner sont son univers... À cela prés que les sujets qu’il aborde vont bien au-delà encore de ceux de ces maîtres reconnus. Il attaque de front les sujets tabous d’une société qui n’en finit pas de tenter de se libérer elle-même. (...) Si le dessin ne vous passionne pas, si vos règles de vie sont empreintes des contraintes du passé, alors ignorez Busset... Si au contraire vous vous posez les justes questions sur notre destin, regardez Busset et prenez votre temps pour le faire loin de ces objets contemporains qui troublent la vue.
(Extrait, Esprit singulier, 2016, texte de Jean-Claude Volot, éditions Flammarion et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
Galerie Koralewski
C215
> 1973, Bondy (France)
Christian Guémy vit entre Ivry et Vitry quand il ne parcourt pas le reste du monde. Il dessine depuis son plus jeune âge, fortement encouragé par ses grands-parents qui l’élèvent. Vers la fin de ses études secondaires, il prend la bombe pour écrire dans la rue. Pas vraiment de tag ni de graffiti, mais une sorte de poésie, trahissant déjà un besoin de s’exprimer à l’extérieur. Tout d’abord historien pour les Compagnons du tour de France, parlant quatre langues, il voyage énormément avant de troquer le costume cravate pour la tenue décontractée du street artiste. À travers son pseudonyme C215, Christian renaît en 2005 et devient un militant actif de l'expression artistique urbaine. Les projets collectifs avant-gardistes, conceptuels et très présents sur le Web se succèdent alors. Passionné par l’esthétique, le design et les nouvelles technologies, il se plonge dans le monde du pochoir pour en devenir l’un des plus grands techniciens ; poète de la rue, porte-parole des oubliés, il enchante par ses œuvres minutieusement exécutées. C215 représente la nouvelle génération de pochoiristes internationaux : baroudeur, engagé, intelligent et cultivé, savamment positionné dans cette histoire en construction. (...) Lors de ses voyages, il a à cœur de proposer un travail respectueux de l’autre et de son environnement, mû par l’envie d’embellir l’espace urbain en lui rendant simplement son humanité. Reconnu dans l’ensemble du milieu et salué par les galeries comme par la presse internationale, son œuvre prend toujours moins de place sur les toiles que sur les murs, tandis qu’il conquiert le Web et le cœur de ses spectateurs de plus en plus nombreux.
(Extrait, Esprit singulier, 2016, éditions Flammarion et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
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CADIOU Patrice
> 1947, Paris - 2015, Paris (France)
Très tôt, il commence à apprendre la danse classique. Dans les années 1963-1964, il travaille pour le théâtre Sarah Bernard puis au théâtre Châtelet comme danseur professionnel. Il est ensuite engagé dans la troupe de l’Opéra de Bordeaux. Sous les conseils de J.C Dutihl, il montre ses premières sculptures. Sa création artistique va prendre une tout autre ampleur à partir de son installation dans les Landes. Il vivra à Paris, à Cadaquès (où il rencontrera sa femme) puis à Auberive.
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CAMBON Gérard
> 1960, Toulouse (France)
Sculpteur autodidacte, il commence à faire des collages et du modelage. Ensuite, il découvre le papier mâché et réalise des personnages caricaturaux qu’il incorpore avec différents matériaux récupérés.
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CARRÉ LINE
> 1974 (France)
Au début des années 1990, dans l’atelier d’un artiste singulier, à beaucoup de titres d’ailleurs, je tombai en arrêt devant un empilement de tableaux... Rien à voir avec le travail de mon hôte ! Une jeune femme stockait là sa production picturale. Un travail jeune, puissant, révolté, très en harmonie avec l’époque et d’une rare qualité pour une artiste de 17 ans ! Carré Line est née en 1974. Autodidacte, elle travaillait de façon obsessionnelle, frénétique et dans l’urgence. Tout son travail racontait déjà ce qui allait lui arriver et que tout le monde ignorait. A 25 ans elle sut qu’elle était atteinte de la maladie neurodégénérative de Huntington, qui tua sa mère. Progressivement son désir et son bonheur de créer devinrent difficiles puis impossible. Aujourd’hui, à 42 ans, elle s’accroche à la vie dans un établissement médicalisé de l’Aude. Son travail est personnel, sans influence, d’une rare densité. Avec elle, pas de trucs, de touches esthétisantes, d’attrapes-œil. Dessins comme peintures racontent sa vie et sa perception de la société, sa violence et son destin inexorable. Elle est en harmonie avec son époque et c’est tellement bien raconté ! Les collectionneurs avertis qui eurent la chance de voir ses œuvres achetèrent. Cependant, l’œuvre (environ 2000 pièces) est très peu diffusé.
(Cité dans Esprit singulier, 2016, texte de Jean-Claude Volot, éditions Flammarion et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
CERREDO Fabian
> 1957, Buenos Aires (Argentine) - 2005, Pontoise (France)
Fabian Cerredo est un homme marqué par son histoire familiale : les migrations, les rencontres fortuites, la hiérarchie et la persévérance sont des traits intrinsèques qui le définissent. Dès son enfance, il se passionne pour le dessin et entre à l'École Nationale des Beaux-Arts Manuel Belgrano (Buenos Aires) en 1974, puis, à l'Ecole Nationale des Beaux-Arts Prilidiano Pueyrredon (Buenos Aires) en 1978. Il commence sa première série de peintures en 1982 et ne travaillera qu'ainsi, en séries, pour pouvoir s'attacher à un thème, l'explorer en profondeur, ne pas rester superficiel, même si chaque pièce n'est pas parfaite. « Je préfère une œuvre ratée qui a de l'ambition qu'une œuvre qui passe... » (Fabian Cerredo). Malgré des débuts difficiles faits de petits boulots, sa ténacité lui permit de vivre (de) sa passion. Fabian Cerredo est mort à seulement 48 ans mais avec toute la reconnaissance et l'hommage de la profession.
(Cité dans Instinct'art, 2012, éditions de l'abbaye d'Auberive)
Galerie Koralewski
CHAISSAC Gaston
> 1910, Avallon - 1964, La Roche-sur-Yon
Enfant rêveur à la santé précaire, il entre dès l'âge de 13 ans en apprentissage. Il occupe divers emplois dont celui de cordonnier. Lors d'un séjour à Paris en 1936, il rencontre Otto Freundlich et Jeanne Kossnik-Kloss qui lui révèlent son destin d'artiste. L'année suivante, le couple lui organise sa première exposition. C'est surtout le peintre Jean Dubuffet, inventeur du concept d'art brut en 1946, qui encouragera Chaissac car il voit en lui l'archétype même de l'artiste brut. A partir de 1948, le peintre s'isole en Vendée avec sa femme, où il crée et correspond énormément. Période très prolifique, il réalise de nombreux objets peints (récupérés la plupart du temps), des totems colorés sur bois, mais aussi des collages en papiers peints.
(Cité dans La collection égotique, 2010, Lienart éditions et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
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CHRISTOFOROU John
> 1921, Londres (Royaume-Uni) - 2014, Kremlin-Bicêtre (France)
De parents originaires de Smyrne, John Christoforou grandit entre l’Angleterre et la Grèce. Il s’initie à la peinture en fréquentant les musées, fasciné par William Turner, et un court moment, les bancs de l’Ecole des Beaux-Arts d’Athènes. Egalement marqué par l’art byzantin, Théodore Géricault et Eugène Delacroix, puis par les visions de Jacques Callot, de Francisco Goya ou d’Edvard Munch, il se consacre à l’art au lendemain de la guerre, après avoir servi dans la Royal Air Force. Sa première exposition personnelle a lieu dans la capitale anglaise en 1949. Son œuvre, figurative et expressionniste, est mal reçue. Il s’installe avec sa femme à Paris et expose à la galerie Rive Gauche : c’est le début de la reconnaissance, alors que la « Nouvelle Figuration », théorisée notamment par Michel Ragon, suscite l’intérêt grandissant de la critique et des collectionneurs. Les années 1970 et 1980 sont celles de la reconnaissance institutionnelle - rétrospectives au Randers Kunstmuseum (Danemark) (1974), au Centre national des arts plastiques (Paris) (1985), ou au Centre d’art contemporain de Montbéliard (1986), participations à la FIAC, acquisition d’un triptyque par le Musée d’art contemporain de Dunkerque, etc.
(Extrait, Esprit singulier, 2016, éditions Flammarion et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
COMBAS Robert
> 1957, Lyon (France)
Après des études à Sète et à l'école des Beaux-Arts de Montpellier, il accède très vite à la notoriété, puisqu'il participe, dès 1980, à l'exposition Après le classicisme (musée de Saint-Étienne), qui rend compte des nouvelles tendances de l'art contemporain. Cofondateur du mouvement que Ben appela la "Figuration libre", sa peinture parle de la société, de la violence, de la sexualité, de la souffrance des gens, de leurs petits bonheurs, de leur petitesse, de leur grandeur. Cette peinture, influencée par les univers de la bande-dessinée et du rock, revendique son caractère populaire. Son oeuvre a déjà fait l'objet de nombreuse rétrospectives en France (Musée des Sables d'Olonnes, Musée de Saint-Etienne...) et à l'étranger (Corée du Sud).
(Cité dans La collection égotique, 2010, éditions de l'abbaye d'Auberive)
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CORREIA Antoine
> 1972 (France)
Antoine Correia, peintre autodidacte expressionniste, vit et travaille près de Nantes. Il expose ses œuvres depuis 1994 sur les cimaises de galeries françaises telles que la galerie Duchoze (Rouen), la galerie Le Garage (Nantes), la galerie Marie Vitoux (Paris) et à la galerie Schwab Beaubourg (Paris) qui le représente, mais aussi à l’étranger que ce soit en Allemagne, en Suisse, ou à Taïwan au National Museum of Fine Arts (Kaohsiung), en Corée du Sud au Metropolitan Museum (Séoul), ou encore au Venezuela au musée d’Art moderne (Caracas). La peinture de Correia bouscule les critères de beauté et préfère explorer les zones d’ombre de l’âme humaine, le drame, le mal être, l’outrance. Ses thèmes de prédilection sont les crucifixions, les bébés difformes, les têtes d’enfants et les paysages calcinés, arpentant ainsi des sujets chers à Jérôme Bosch, Francisco de Goya, James Ensor et Edvard Munch.
(Extrait, Esprit singulier, 2016, éditions Flammarion et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
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DADO
> 1933, Cetinje (Monténégro) - 2010, Pontoise (France)
Miodrag Djuric, dit Dado, naît au Monténégro. Après la mort de sa mère en 1944, il est recueilli par son oncle en Slovénie. Il suit des études d'art à Belgrade. Lorsqu'il emménage à Paris, Dubuffet lui présente Daniel Cordier qui devient son marchand officiel. Sa première exposition est organisée en 1958. Le succès qu'elle remporte lui permet de rencontrer Réquichot dont il devient l'ami, mais aussi Hans Bellmer et Unica Zürn un peu plus tard. En 1967, le Fonds National d'Art Contemporain achète une toile. Dans les années 70, Dado s'essaie à la gravure. Plusieurs rétrospectives sont organisées à Rotterdam. En 1988, il se lie d'amitié avec Pierre Bettencourt, proche ami de Michaux, avec qui il va collaborer plusieurs fois.
(Cité dans La collection égotique, 2010, éditions de l'abbaye d'Auberive)
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De MAN Petrus
> 1955, Halle (Belgique)
Soutenu par sa famille, il suit les humanités classiques au St-Jan Berchmanscollege à Bruxelles puis au O.-L. Vrouwecollege de Halle. Il commence à dessiner très jeune et expose pour la première fois à 17 ans. Ses contacts avec le mime Frederik Van Melle, le marionnettiste et sculpteur Stéphane Ponette et le graphiste Luc Claus l’aident à préciser ses projets futurs. À Gand, il s’inscrit au St.-Lukasinstituut dans l’atelier de gravure de Raf Coorevits et à l’atelier de peinture de Dan Van Severen. Après ses études en 1980, il enseigne le dessin dans le secondaire supérieur de la même école. En 1989, il choisit le statut d’indépendant et se lance comme graphiste dans le domaine du textile. Il poursuit néanmoins son œuvre personnelle. Il participe d’ailleurs à de nombreuses expositions collectives. Il se consacre de plus en plus à son travail d’artiste et depuis 1996 il diversifie ses activités en donnant des cours de dessin dans son propre atelier. Depuis quelques années, il se charge également de stages de dessin à l’académie d’été de Libramont.
(Cité dans Instinct'art, 2012, éditions de l'abbaye d'Auberive)
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DE VILLIERS Jephan
> 1940, Chesnay
Sculpteur, il partage son temps entre son atelier de Jolymont à Watermael-Boittsfort (Bruxelles) et celui de Corloux à Mirambeau (Charente-Maritime). Vers l’âge de 14 ans, il commence à recueillir dans le jardin de sa grand-mère des brindilles, des feuilles mortes pour en faire d’immenses villages de terre et d’écorces. Dans les années 1960, la découverte du Musée d’art moderne de Paris donne naissance à de nouvelles sculptures et part s’installer à Londres. À partir de sa découverte en 1976 dans la forêt de Soignes en Belgique de son premier "bois-corps", il utilise toutes sortes de végétaux afin de créer son propre univers.
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DECAUX Roger
> 1919, Dombasle-sur-Meurthe - 1995, Nancy
Indépendamment de sa formation en histoire de l'art, Roger Decaux a aussi reçu une formation en philosophie. Ensuite, il devient professeur à l'École des Métiers d'Art de Paris puis directeur de la section Culture du Bureau d'Études de Sociologie. Il est membre fondateur du groupe Contraste avec J.M. Héraud et est responsable de l'Atelier de peinture du Minotaure à Lyon. Sélectionné pour le Prix Marzotto en 1958, il obtient le Prix Galilée, le Prix de l'Académie Stanislas à Nancy, le Prix Trio du Ministère de la culture belge. Critique d'art à Radio-Lorraine, collaborateur du T.E.C. à Paris, et est l'auteur de nombreuses fresques, mosaïques et vitraux pour des architectes et des particuliers.
Galerie Koralewski
DÉGÉ Guillaume
> 1967, Boulogne-Billancourt (France)
Il se lance dans le dessin après des études de chinois en Langues Orientales. Illustrateur avant d’être artiste, il travaille régulièrement pour le journal Le Monde. Co-fondateur, avec Daniel Vincent, de la maison d’édition Les 4 mers, il est l’auteur de plusieurs ouvrages parus au Seuil et chez Gallimard. Il est aussi professeur à l'École Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg depuis 2005.
DEREUX Philippe
> 1918, Lyon - 2001, Villeurbanne (France)
Il se voue d'abord à l'écriture, mais sa rencontre avec Jean Dubuffet en 1955 à Vence l'éclaire de manière définitive sur sa vocation de peintre plasticien. Il réalise alors des compositions abstraites et décoratives à la gouache et à l'huile en y intégrant des épluchures de fruits et de légumes. Puis, progressivement, la peinture disparaît des compositions pour laisser place à des personnages composés de pelures uniquement. Il n'abandonne pas l'écriture pour autant, et publie en 1966 un Petit Traité des Epluchures, puis 20 ans d'épluchures en 1981. Depuis 1961, plusieurs expositions personnelles lui sont consacrées, notamment chez Alphonse Chave à Vence ou Pleine Marge à Paris. Philippe Dereux participe également à plusieurs manifestations collectives.
(Cité dans La collection égotique, 2010, éditions de l'abbaye d'Auberive)
Galerie Chave
DEUX Fred
> 1924, Boulogne-Billancourt - 2015, La Châtre (France)
Issu d'une famille ouvrière modeste, il suit à partir de 1939 une formation professionnelle avant de travailler comme électricien. En 1943, il s'engage dans le groupe de résistance de l'Usine. Après la guerre, Fred Deux trouve un emploi dans une librairie où il découvre les œuvres de Breton, Bataille, Sade qui le marqueront. C'est également à cette époque qu'il découvre l'univers de Paul Klee, vécu comme une révélation. En 1951, il fait la connaissance d'André Breton, et devient membre du groupe surréaliste. Se lie d'amitié avec Hans Bellmer et Cécile Reims. Sa première exposition personnelle est organisée en 1953. Dès lors, il partage son temps entre le dessin et la rédaction de nombreux ouvrages, dont La Gana, prix de Mai en 1959. En 1961, le Fonds national d'art contemporain fait l'acquisition d'un dessin.
(Cité dans La collection égotique, 2010, éditions de l'abbaye d'Auberive)
DI ROSA Hervé
> 1959, Sète (France)
Hervé Di Rosa quitte Sète pour Paris en 1978. Il s'y installe avec son ami Robert Combas et entre à l'École Nationale des Arts Décoratifs. Il commence à ce moment ses premières toiles. Après ses études, il présente sa première exposition parisienne, « Finir en beauté », en 1981. Depuis, l'artiste est mis à l'honneur dans de nombreux musées : à Amsterdam, à Düsseldorf, au musée d'Art moderne de la ville de Paris, à la Barbara Gladstone Gallery de New York (prix Médicis), à la Biennale de Paris 1985 dont il conçoit l'affiche... En 2000, il fonde le Musée International des Arts Modestes à Sète. Artiste voyageur, il entrelace les cultures et les modes d'expression de chaque pays où il réside. Sa peinture haute en couleur est aussi influencée par la bande-dessinée, le graffiti et le rock. Avec son frère Richard Di Rosa, François Boisrond, Rémi Blanchard et Robert Combas, il est l'un des principaux artisans du mouvement français de la « Figuration Libre », renouveau de la peinture dans les années 1980. Il est aussi rattaché au mouvement de l'Art Modeste.
(Cité dans Instinct'art, 2012, éditions de l'abbaye d'Auberive)
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DIAZ Daniel Martin
> 1967, Tucson (Etats-Unis)
Daniel Martin Diaz vit et travaille à Tucson, Arizona (États-Unis). Artiste autodidacte, doué d’une insatiable curiosité quant à l’exploration des mystères de la vie et des sciences, il peint depuis près de quinze ans sa vision ésotérique du monde. Issu d’une famille mexicaine catholique, l’imagerie chrétienne, sacrée et profane, ainsi que les couleurs du désert de l’Arizona, dans lequel il vit depuis toujours, imprègnent profondément son œuvre. En août 2002, il part en Autriche apprendre les techniques anciennes de la tempera à l’œuf et de l’huile de résine. Daniel Martin Diaz a conçu des illustrations pour de grands projets d’art public aux États-Unis et a remporté de nombreux prix. Son travail, entre surréalisme pop américain et art outsider, est exposé dans le monde entier ; HEY! Modern art & pop culture – Part 1 (2011, Halle Saint Pierre, Paris) fut sa première exposition en France.
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DOUCET Jacques
> 1924, Boulogne-sur-Seine - 1994, Paris (France)
Tiraillé entre la poésie et la peinture, Doucet se tourne en 1941 vers le poète et peintre Max Jacob. Il tirera de son enseignement qu'il faut se chercher et se poser des questions continuellement. C'est ce qu'il a fait à travers la peinture puisqu'il choisit cette voie et garde la poésie pour nommer ses tableaux. Peintre de l'abstraction lyrique, entrer dans son univers, c'est entrer en peinture, sans triche, sans faux-fuyant. L'œuvre de Doucet s'offre sans retenue à celui qui la mérite. Jacques Doucet est aussi cofondateur du mouvement CoBrA (Copenhague, Bruxelles, Amsterdam), en 1948, où on cherche l'expérimentation et la vitalité, se rapprochant alors de la poétique libertaire. CoBrA, véritable laboratoire d'expériences artistiques, servira ensuite à l'éclosion des individualités.
(Cité dans Instinct'art, 2012, éditions de l'abbaye d'Auberive)
DUBOIS Lou
> 1953, Bourges (France)
Dès l’âge de seize ans, Lou Dubois s’est passionné pour le surréalisme et, aujourd’hui encore, c’est dans l’esprit de ce mouvement né dans les années vingt que sa pratique, littéraire et artistique, s’inscrit avec allégresse et nostalgie. Lou Dubois est l’auteur de poèmes, de textes qui s’inventent simultanément à son œuvre plastique. Ses boîtes et assemblages s’apparentent à des poèmes visuels, à des poèmes-objets, constitués sur le mode du cadavre exquis, de l’association libre ou du calembour. Une œuvre de Lou Dubois prend souvent sa source au marché aux puces – lieu de prédilection du pape du surréalisme, André Breton –, lieu idéal de rencontres fortuites, de coups de foudre avec des objets. Lou Dubois chine aussi les boîtes anciennes dans lesquelles viendront s’installer les objets les plus hétéroclites dont il orchestre à son tour les rencontres. Photographies, découpages, dessins, papillons, animaux empaillés, coquillages, cadrans de montre, jouets en plastique, bougies, clés, sachets de thé, lunettes, salières, médailles, etc. : autant de petits objets qui se juxtaposent pour s’inventer de nouveaux rôles dans le théâtre de ces cabinets de curiosités contemporains.
(Extrait, Esprit singulier, 2016, Flammarion éditions et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
ENSADERS
> Collectif formé à Paris en 2003
Ensaders est un collectif de dessinateurs composé de Yann Bagot, Klub et Nathanaël Mikles. Ils se sont rencontrés en 2003 aux Arts Décoratifs de Paris (ENSAD). Ils batissent des images en commun : sur la même feuille, ils dessinent simultanément et mélangent leurs traits. Citations, thèmes sacrés et profanes se mélangent dans un grand désordre de violence colorée et jubilatoire. Ils sont pour un monde absurde et le réenchantement du réel. Ils réveillent les mythes car ils savent que les mystères existent encore? Leurs sources sont mythiques, classiques, psychédéliques, alchimiques et populaires.
(Cité dans Instinct'art, 2012, éditions de l'abbaye d'Auberive)
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FIEVRE Yolande
> 1907-1982, Paris (France)
Figure fantasque et singulière, fille d’un homme de cirque et d’une musicienne, Yolande Fièvre a brièvement vécu en Egypte et voyagé aux Etats-Unis. Elle a traversé la modernité et la scène artistique parisienne des années 1960 et 1970 sans jamais se lier à aucun mouvement. Inspirée d’abord par le surréalisme, elle réalise des dessins automatiques qui rappellent la peinture gestuelle, puis des portraits de Julien Gracq, Philippe Soupault et André Breton qu’elle rencontre en 1952. D’autres poètes et écrivains s’intéressent à son travail, parmi lesquels André Pieyre de Mandiargues et Jean Paulhan, devenu l’un de ses amis proches depuis leur rencontre en 1938, et avec qui elle a fait plusieurs séjours sur l’île de Port-Cros. A partir de 1957, elle construit un travail d’assemblage, et montre ses premières boîtes à la galerie Simone Collinet. Elle y mêle des bois flottés, des végétaux, des coquillages, des morceaux de pierre et de céramique, mais aussi des matériaux abrasifs, éponges et tampons à récurer. Sensibles et rigoureusement composées, ces œuvres ne doivent plus rien aux automatismes surréalistes et suggèrent plutôt une réflexion sur la mémoire et sur le temps. Yolande Fièvre fréquente Jean Dubuffet, et son œuvre a parfois à tort été rapprochée de l’art brut ; elle a étudié aux Beaux-arts de Paris, puis a enseigné aux Beaux-arts d’Orléans. En 1957, elle rencontre la galeriste Iris Clert, qui a représenté certains des Nouveaux réalistes, et avec qui elle se lie d’amitié comme avec le peintre Bernard Requichot. De ce mouvement comme du Pop Art, elle reste également à l’écart, et se concentre par la suite vers l’usage de matériaux plus naturels et plus abstraits que les objets de la société de consommation qu’Arman utilise par exemple. Elle se situerait plutôt du côté d’Yves Klein ; son goût de la nature et des animaux se double d’un profond mysticisme. Elle expose ensuite chez Daniel Cordier, puis de nouveau chez Iris Clert et dans d’autres galeries à Paris et à Genève. Ses grandes sculptures, Villes de rêve et Palais de rêve, rappellent à la fois l’art populaire, le Palais Idéal du facteur Cheval et les temples hindous.
(Cité dans Esprit singulier, 2016, Flammarion éditions et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
FOUGEIROL Thomas
> 1965, Valence (France)
De 1987 à 1992, Thomas Fougeirol poursuit ses études à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, il s’initie également à la calligraphie chinoise avec le Maître Chen Dehong. En 1998, il remporte le Premier Prix de la Fondation COPRIM. Lorsqu'il peint, Thomas Fougeirol exécute comme une danse, un stupéfiant ballet homme-tableau, tableau-homme, saisissant une toile, l'installant à terre ou contre un mur et commençant à peindre en la recouvrant de pigments et de matière. C'est avec une grande énergie, de la force et parfois même de la fureur que Fougeirol exécute ses toiles, mais sans peine ni fatigue. « Thomas Fougeirol paraît être exactement à l’opposé de quelqu’un “qui a fini”, parce qu’il fait corps avec sa peinture qui se cherche, s’abandonne, se reprend, se réinvente à mesure que le peintre lui-même, son corps, le monde, ne font qu’un avec cette incessante remise en cause. » À travers ses toiles, Fougeirol ne contourne pas l’obstacle en mentant ou en se mentant. Il y aurait même chez Fougeirol une certaine façon d’imposer sa vérité – le drame et l’entreprise de peindre – avec une clarté qui peut tenir de la provocation pure.
(Cité dans Instinct'art, 2012, éditions de l'abbaye d'Auberive)
Galerie Guigon
GHISLAINE
> 1958, Marseille (France)
Ghislaine dessine depuis l’enfance et, dans sa jeunesse, elle aurait aimé être restauratrice au Louvre. Aide soignante pendant presque trente ans, affectée plusieurs années au service des soins palliatifs, elle a longtemps travaillé de nuit dans un hôpital, dessinant en autodidacte pendant la journée. De 1985 à 1990, à la suite d’une période de grave dépression précédant la mort de son père, elle fréquente l’Académie Marguerite Allar, à Marseille, où elle apprend à peindre, et ne se remettra au dessin qu’en 2006, peu avant de quitter son emploi pour invalidité. Depuis, boulimique de peinture – elle aime Van Gogh, Soutine, Séraphine, Dado, Rustin ou Nitkowski, et ne rate aucune exposition –, elle fréquente les ateliers thérapeutiques de l’Assistance Publique et a exposé au Festival d’Art Singulier de Danielle Jacqui à Aubagne, en 2008. De nature très généreuse, entourée de nombreux amis, dont certains collectionnent ses œuvres, Ghislaine se dit dessinatrice « par survie mentale ». Sa correspondance avec Laurent Danchin, au moment où elle commençait ses « Charniers », vient de paraître aux éditions de L’œuf sauvage sous le titre La tortue et le lièvre, avec un avant-propos de Claude Roffat.
(Cité dans Mycelium : génie savant - génie brut, 2014, texte de Laurent Danchin, éditions de l'abbaye d'Auberive)
GIAMARI Louise
> 1966, Paris (France)
Louise Giamari expose depuis la fin des années 1980. Elle évolue aux frontières de l'animal et du végétal. Son travail a su imposer son talent lors de manifestations internationales. Elle travaille avec des matériaux humbles tels que la terre, le chanvre, le lin, la résine et rend palpable les liens qui unissent le monde végétal et le monde animal. « Apparaissent ainsi sous ses doigts et dans ses fils des êtres troublants et forts : dévorants aux entrailles explicites, centaures aux chevelures baroques, êtres-racines... Un monde fragile et dérangeant où là aussi la maîtrise de sa technique se fait oublier devant l’intensité du propos » .
(Cité dans Instinct'art, 2012, éditions de l'abbaye d'Auberive)
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GILLET Roger-Edgar
> 1924, Paris - 2004, Saint-Suliac (France)
Diplomé de l'Ecole boulle puis de l'Ecole Supérieure des Arts Décoratifs, Gillet commence pour se situer dans le mouvement de "l'Abstraction Lyrique". Pourtant en 1958, à la grande surprise de son ami et marchand Jean Pollak, Gillet peint un premier portrait. Entre 1960 et 1962, alors que sa peinture est toujours dans l'abstraction, Gillet poursuit cette recherche avec une série d'encres intitulées "Apôtres", mais c'est en 1963 que son travail bascule vers la recherche de la figure avec son interprétation de la "Cène" et de ses 12 portraits d'apôtres. A partir de cette date, Gillet ne va cesser de travailler sur le corps, le portrait et le paysage. Ses œuvres sont présentes dans de nombreux fonds publics comme le Musée National d'Art Moderne, Paris, le Musée des Beaux-Arts, Bruxelles, le Musée de Sao Paolo, Brésil, ou le Musée d'Oslo, Norvège.
(Cité dans La collection égotique, 2010, éditions de l'abbaye d'Auberive)
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GRUSS Sabrina
> 1958, Paris (France)
Après avoir obtenu son diplôme national supérieur d’expression plastique et son diplôme de formation aux réalisations multimédias, elle devient coordinatrice en direction artistique d’exposition puis guide conférencière pour les expositions du festival d’Avignon. Elle réalise plusieurs expositions dans toute la France.
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GUINAMAND Cristine
> 1974, Yssingeaux (France)
Après avoir obtenu son diplôme national supérieur d’expression plastique ainsi que son diplôme national d’arts plastiques à l’École régionale des Beaux-Arts de Saint-Étienne, elle séjourne en 1997 à l’École des Beaux-Arts de Porto dans le cadre d’un échange Erasmus. Sa biographie artistique pourrait commencer en 2001, année où, après la destruction de son atelier et de tous ses travaux antérieurs par un incendie, elle repart en quelque sorte à zéro. Aujourd'hui, elle vit et travaille entre Paris et l'Auvergne.
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HARLOFF Guy
> 1933, Paris (France)- 1991, Galliate (Italie)
Fils d’un père néerlandais-russe et d’une mère italienne-suisse, il a vécu à Milan, Londres, New York, Paris et a beaucoup voyagé. Il s’est intéressé aux religions, aux rituels, aux traditions de différentes ethnies en particulier celles de l’Est. Son travail est influencé par cet intérêt pour les symboles culturels. Sa peinture est complexe, colorée.
ICHIBA Daisuke
> 1963, Kumamoto (Japon)
Daisuke Ichiba appartient à cette génération d'artistes fortement marquée par l'âge d'or du manga. Spécialisé dans le dessin monstrueux qu’on appelle Ero Guro au Japon, Ichiba est un provocateur né. Ses œuvres sont des mélanges d'érotisme et de scènes de mutilation en tout genre. Il s'inspire des poses de ses amies quand il les prend en photos et de faits-divers pour composer ses scènes de meurtres ou de suicides spectaculairement violentes et sanglantes. Il a donné ses pages les plus noires à la contre-culture Nippone. Navigant aux frontières de l'art contemporain, du comic-book, de la poésie noire et des musiques bruyantes, il se définit lui-même comme le peintre de la beauté. Une beauté souvent maladive, où des écolières borgnes et impassibles côtoient des animaux morts. Daisuke Ichiba a été publié en France par le Dernier Cri, le Lézard Noir et Jhon Magazine. Il a également participé à l'exposition collective « Dessins pointus » à la Halle Saint-Pierre. Il a eu une exposition personnelle à Paris au Monte-en-l'air, en septembre-octobre 2006 ainsi qu'à la Friche Belle de Mai à Marseille, dans les locaux du Dernier Cri.
(Cité dans Instinct'art, 2012, éditions de l'abbaye d'Auberive)
Chaos of Daisuke Ichiba
JONONE
> 1963, New York (Etats-Unis)
Issu d’une famille portoricaine modeste, il se forge, avec des moyens limités, une ligne qui guide sa vie, aujourd’hui encore. Il a la chance d’avoir pour point de départ la Mecque du graffiti avec la première génération de writers. Les grands frères de l’époque se nomment Futura 2000, Crash ou Seen, autant de mentors internationalement reconnus pour avoir construit le mouvement graffiti américain. Mais Jon156 (son premier pseudonyme) se différencie rapidement en prenant une voie bien à lui : en solitaire, il se plonge dans la peinture abstraite alors que l’ensemble de ses compères enchaînent lettrage sur lettrage ou se dirigent vers le figuratif. En 1987, il découvre la France, terre d’accueil où il trouve instantanément sa place en tant qu’Américain à Paris, en tant que graffiti artiste, et aidé d’un sacré charisme. C’est un personnage haut en couleur. Reconnu, adoubé, acclamé, il est aujourd’hui l’un des street artistes les plus visibles tant sur le plan médiatique que commercial. (...) JonOne fait ses Pantone comme d’autres font leur gammes, cette nouvelle peinture est bien différente de la bombe ou de l’acrylique, les coulures en sont plus marquées, plus pures, elles offrent plus de prise à la lumière, elles sont charnelles, comme autant de muscles à nus, parfois sanginolents.. On pense au dripping de Jackson Pollock, sur des fonds sans relief mais à la manière de Soulages. En résonnance avec l’histoire de l’art, JonOne ne peut plus qu’y laisser sa marque ! En 2015, il réalise une peinture murale gigantesque dans l’usine de la société Dedienne aérospace à Toulouse.
(Extrait, Esprit singulier, 2016, Flammarion éditions et les éditions de l'abbaye d'Aubeirve)
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KANTOROWICZ Serge
> 1942, Paris (France)
Sa jeunesse est marquée par la guerre et la déportation de sa famille qui lui laisse une marque béante et explique sa dramaturgie. Après des études au lycée Saint Etienne des Arts Graphiques de 1958 à 1961, il est élève libre à l’École des Beaux-Arts de Bruxelles en 1962. Peintre, sculpteur, maître de l’estampe, il se consacre entièrement à son œuvre à partir de 1973. Auparavant, il a longtemps travaillé en tant que graveur, principalement dans les ateliers de Maeght, pour de nombreux artistes, parmi lesquels Miró, Tápies, Ubac, Zao Wou-Ki, Michaux, Riopelle ou Juan Mitchell.
(Extrait, Instinct'art, 2012, éditions de l'abbaye d'Auberive)
Galerie Guigon
KHELIF Kamel
> 1959, Alger (Algérie)
Sa famille part s’installer en 1964 à Marseille. Ils s’installent dans le bidonville de Sainte-Marthe. Après des études dans un lycée d’enseignement professionnel, il devient animateur socioculturel dans les quartiers nord de la ville. En parallèle à son métier, autodidacte depuis l’enfance, il réalise des illustrations pour différents journaux et revues donnant la parole aux jeunes des banlieues. Depuis 1991, il se consacre entièrement au dessin et participe à diverses manifestations artistiques.
Galerie Béatrice Soulié
KLEINBERG Fred
> 1966, Paris (France)
Fred Kleinberg intègre l'Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris en 1982. En quête de réponse sur l'humain et ses détournements, il est animé d’un besoin d'immersion. Le voyage s’impose alors comme un moteur de sa recherche picturale. Celui-ci le mène en Espagne, en Italie, en Russie, aux Etats-Unis, ainsi que de manière récurrente depuis plus de dix ans, en Inde puis en Chine. Depuis 1985, il expose régulièrement en France et aux Etats-Unis. En 1999, il s’installe à Paris puis, à partir de 2002, partage son existence entre Paris et Pondichéry. Parallèlement, il effectue des résidences à la Villa Médicis à Rome (1996), à Moscou (2001) et à Pondichéry (2004) et remporte le premier prix du Concours International d’Art Contemporain de Monte-Carlo en 2014. Souvent qualifié d’expressionniste, Fred Kleinberg remonte aux sources du sensible. Sur de grands formats, il explore la matière, travaille l’huile épaisse au couteau et mêle les couleurs en usant d’acides contrastes. Dans ses œuvres, divinités antiques, déesses indiennes et vanités côtoient des objets de la vie moderne. Interrogeant la place de l'homme dans l’univers, il aborde les thèmes de l’errance, de la fureur, du corps et de la mythologie.
(Extrait, Esprit Singulier, 2016, Flammarion éditions et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
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KORICHI Youcef
> 1974, Constantine (Algérie)
Il fait partie de cette génération formée par des aînés qui ont repensé les bases théoriques de la peinture dans les années 1980. Il suit une formation artistique sur plusieurs fronts : aux Beaux-Arts dans l’atelier de Jean-Michel Alberola et à l’Université où il apprend l’histoire de l’art pour mettre sa pratique en perspective. Homme discret, rétif aux anecdotes personnelles, Il communique par son travail, aussi bien des dessins que de la peinture.
(Extrait, Instinct'art, 2012, éditions de l'abbaye d'Auberive)
Galerie Eva Hober
KREMER Alfred
> 1895, Regensburg - 1965, Weilheim (Allemagne)
Après avoir été soldat pendant la Première Guerre mondiale, Alfred Kremer étudie la peinture à l’école des Beaux-Arts de Munich avec Robert Engels et Willi Geiger. Sa première phase créative montre principalement des huiles sur toile. Il travaille ensuite en tant qu’enseignement à l’Université allemande de l'éducation physique (DHFL). De 1930 à 1940, il est reporter en chef de la station bavaroise Munich Sports puis devient journaliste aux Jeux Olympiques d’hiver de 1936 à Garmisch-Partenkirchen. Mobilisé à nouveau au service militaire durant la Seconde Guerre mondiale, il travaille ensuite comme artiste indépendant à M Weilheim. De 1949 à 1961, il est membre de l’Association des artistes de Munich. Il effectue différents séjours à Venise, à Paris, etc. toujours en contact avec le monde de l’art. Au cours de ses trois dernières années, immobilisé sur un lit de malade, Alfred Kremer se voit contraint de travailler en petit format et utilise seulement le noir et blanc.
KUBIN Alfred
> 1877, Litoremice - 1959, Wernstein am Inn (Autriche)
Après un court passage à l’Ecole d’arts appliqués de Salzbourg dont il est renvoyé, Alfred Kubin rejoint l’atelier de son oncle, photographe. Très atteint par la mort de sa mère quand il était enfant, il tente de suicider sur sa tombe en 1896. Sa dépression s’aggrave alors qu’il s’est engagé dans l’armée austro-hongroise. Résolu à devenir peintre, il reprend ses études et entre en 1899 à l’Académie des Beaux-Arts de Munich. Influencé par l’œuvre de Jérôme Bosch, Francisco Goya, Aubrey Beardsley, James Ensor ou encore Max Klinger, il fait la rencontre décisive d’Odilon Redon et précise son approche du dessin. Il expose dès 1902, participe à la Sécession viennoise, à la Sécession berlinoise, puis au Blaue Reiter et se lie d’amitié avec Paul Klee et Vassily Kandinsky. Ces derniers l’inviteront à rejoindre le Bauhaus, mais Kubin est à la fois trop indépendant et peu intéressé par l’enseignement. Il illustre Gérard de Nerval, Edgar Allan Poe ou Thomas Mann, avec un goût particulier pour les auteurs fantastiques du XIXe siècle. Parallèlement à son œuvre plastique, il écrit, rédigeant son autobiographie qui témoigne de ses souffrances, de ses rencontres et de ses lectures, mais aussi des textes littéraires, dont un roman, L’Autre côté (1909), qui influença Franz Kafka. L’entre-deux-guerres marque le début d’une reconnaissance internationale : il expose à Berlin, Venise ou New York. La Seconde Guerre mondiale l’isole, socialement mais aussi intérieurement, et son activité créatrice ralentit. Malade, il meurt en 1959.
(Extrait, Esprit singulier, 2016, Flammarion éditions et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
LABEGORRE Serge
>1932, Libourne (France)
Serge Labégorre, né en 1932, a grandi dans le Bordelais au sein d'une famille religieuse et spirituelle. Victime de la tuberculose en 1944, il se se met à peindre quotidiennement durant sa convalescence. Particulièrement marqué au collège par l’enseignement de son professeur de dessin, il est ensuite encouragé dans sa voie d’artiste par François Desnoyer et Michel Kikoïne. Après avoir présenté ses tableaux dans de nombreuses galeries en France et à l’étranger, il quitte son poste de professeur en 1968 et se consacre entièrement à la peinture. Une Fondation Labégorre a d’ailleurs vu le jour à Seignosse, dans sa région, en 2014, activement animée par sa fille.
(Extrait dans Esprit singulier, 2016, Flammarion éditions et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
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LAGNIEU Hélène
> 1957, Bugey
C’est à partir de 2006 qu’elle commence à se dédier exclusivement à son travail d’artiste. Après être arrivée à Lyon en 2008, elle a pour la première fois un atelier à sa disposition. Sa technique change, elle passe de l’aquarelle à l’acrylique sur toile. Sa pratique s’étend du dessin à la sculpture sur papier.
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LEGROS Laetitia
> 1979, Autun
Diplômée de l’École des Beaux-Arts de Bourges en 2003, elle intègre en 2006 Le Fresnoy, où elle réalise un premier film court, performance de trois écritures (dessin, danse et film) pour un plan-séquence. Son travail met le dessin à l’épreuve de l’espace et du temps. En 2008, elle réalise La machine à dessiner, une installation qui propose en temps réel une transcription dessinée de l’espace filmé.
Vidéo par le Fresnoy : Laetitia Legros, "Machine à dessiner"
LENCI Christelle
< 1967 (France)
Après ses études d’art, elle choisit pour métier illustratrice pour enfants. Puis elle s’installe à Cavaillon où elle s’installe un atelier pour dessiner au quotidien.
Galerie Béatrice Soulié
LEROY Eugène
> 1910, Tourcoing - 2000, Wasquehal (France)
Il commence à peindre après avoir découvert l’œuvre de Rembrandt vers 1925. Après un bref passage à l’École des Beaux-Arts de Lille et de Paris, il part s’installer dans la Meuse avec son épouse. À partir de 1936, il fait de nombreux voyages tels qu’en Europe, en Asie et aux États-Unis. Des expositions sont présentées dans le monde entier et il reçoit de nombreuses distinctions.
(Extrait, Instinct'art, 2012, éditions de l'abbaye d'Auberive)
LINDSTRÖM Bengt
> 1925, Storsjökapell - 2008, Sundsvall (Suède)
Lindström est né dans le nord de la Suède. Il y crée des liens profonds, qu'il a entretenu toute sa vie, avec les lapons, leur ethnie et leurs mythes. De 1944 à 1949, il suit des cours à l'École d'Art d'Isaac Grünewald (Stockholm), à l'École des Beaux-Arts de Copenhague, au Chicago Art Institut et à l'Académie André Lhote (Paris). CoBrA par l'expression mais n'ayant jamais appartenu au groupe, de la même génération, il a été très lié à Jorn et exposa souvent avec Appel. Lindström est un solitaire, « barbare » au sens splendide du terme. Il ressource son imaginaire chaque été au contact du peuple lapon, et par ses nombreux voyages autour du globe.
(Extrait, Instinct'art, 2012, éditions de l'abbaye d'Auberive)
Site officiel
LORAND Joël
> 1962, Paris (France)
Alors que son épouse était sur le point d’accoucher de leur fils, naquit la vocation artistique de Joël Lorand, pâtissier parisien, passionné de dessin et de bande dessinée, mais aussi de rock et de séries télévisées. C’était en septembre 1994, il avait 32 ans. Cette révélation, aux relents de mythe fondateur et à visée presque prophétique, s’incarne dans une œuvre elle-même traversée par des thèmes aussi fondamentaux que la naissance, la mort, le rêve ou le monde des esprits. Devenu peu à peu une obsession, le besoin de créer conduit Lorand à changer de métier puis à quitter Paris pour s’installer aux environs d’Alençon (Orne). Depuis, il n’a cessé de peindre et de dessiner, et produit des centaines d’œuvres hypnotiques qui témoignent, par cycles, d’une évolution remarquable. Ainsi, les Labyrinthes de la Procédure, les Personnages Floricoles ou les Boucliers Cosmogoniques, mêlent, dans un graphisme volontairement enfantin et une palette proche du camaïeu, les monstres les plus terrifiants – « des autoportraits », explique Lorand - à un système décoratif, où végétal, animal et humain se confondent et où l’horreur du vide envahit le support. La série des Freaks, d’abord très colorée et désormais traitée en noir et blanc, prend des libertés avec la symétrie souvent prédominante dans les travaux antérieurs. Sa première exposition personnelle à la Galerie Sibman (Paris) en 1998 marque le début de la reconnaissance. « Je suis chagriné de voir que les gens ressentent quelque chose de torturé ou d’agressif dans mon travail. La vraie agressivité, elle est dans la vie de tous les jours. Il n’y a chez moi aucune volonté d’agresser les gens. C’est plutôt une défense, celle d’une sensibilité exacerbée. La vraie vie est beaucoup plus chaotique, et beaucoup plus éclatée que mon monde, qui est en fait très construit.»
(Extrait, Myceliym : génie savant - génie brut, 2014, texte de Laurent Danchin, éditions de l'abbaye d'Auberive)
Galerie Béatrice Soulié
MABOUNGA Gatien
> 1964, Pointe-Noire (Congo)
Il apprend de son père le métier de relieur et suit des études en chaudronnerie. Ses dons sont révélés par son père pour qui il a l’idée d’enrichir le cuir de pigments colorés et par un frère poète qui lui donne le goût des mots évocateurs d’images. Sa couleur peut aussi s’accommoder du hasard, ainsi que d’une transparence involontairement obtenue après qu’il a nettoyé bouteilles et pinceaux. Avec son frère, il s’ouvre à l’art et la poésie. En 1984, il réalise ses premières œuvres abstraites et s’installe en France en 1989.
(Extrait, Instinct'art, 2012, éditions de l'abbaye d'Auberive)
Galerie Cour Carrée
MACRÉAU Michel
> 1935, Paris - 1995 (France)
Il suit des études artistiques où il participe à la réalisation de cartons de tapisserie de Le Corbusier. Il peut être défini comme un illustre inconnu. Il a tout de même exposé au début des années 1960 dans la galerie Raymond Cordier et remporte un franc succès. Elle signe le début d'une longue série d'expositions en France et à l'étranger. Le contenu de ses œuvres, peintes avec tout ce qui est à portée de main (pinceau, tiges de bois ou de paille, douilles de pâtissier, etc.) est une sorte de géographie de l’être humain accompagné de symboles tels que des croix, des roses, des flèches, des cœurs, des crânes, , des ex-voto, des entrelacs ornementaux hachurés, pointillistes. C’est hallucinatoire et tourmenté. Aucun naturalisme dans son dessin mais plutôt un traitement pictographique. En 1969, le musée d'Art Moderne de la ville de Paris fait l'acquisition d'une première toile (une seconde sera achetée en 1982). Mais à partir de 1972, les doutes s'installent, et Macréau, en dépression, se voit contraint d'effectuer de longs séjours à l'hôpital. C'est l'émergence de jeunes artistes au début des années 80 comme Basquiat ou Combas qui va lui redonner foi en son travail. Et aujourd'hui, il apparaît comme un précurseur des artistes de la Figuration Libre. 
(Extrait, Esprit singulier, 2016, Flammarion éditions et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
MAD MEG
> 1976
Détentrice d’un CAP en reliure d’art, passée en fac d’arts plastiques et à l’école des beaux-arts de Paris où elle ne restera que deux semaines, Madmeg, dont la plus grosse influence revendiquée reste l’univers de Jérôme Bosch, dessine sur de très grands formats à l’aide de très fines pointes et encre de Chine. Dans un exercice stakhanoviste frôlant le geste psychotique, elle dessine dans un style réaliste à échelle un, construisant un monde basé sur deux socles : l’autobiographie et le commentaire féministe. Minutieusement, elle travaille l’appropriation/revisitation de tableaux fondateurs de la culture occidentale, et de textes littéraires historiques engagés qu’elle inclut dans ses œuvres en tant que texture visuelle. Son travail a fait l’objet d’expositions solo en Slovaquie et République tchèque, et a été présenté pour la première fois à Paris (galerie Art Factory) par Hey! Modern art & pop culture, à l’occasion de ses six ans d’existence (2016).
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MANERO Gilles
> 1955, Gien (France)
Après avoir étudié la photographie dans un lycée à Paris, il trouve un emploi comme photograveur, un métier qu’il continue encore aujourd’hui. C’est d'ailleurs vers 1991 que commence cette passion.. Quand il est loin de ce travail, il consacre beaucoup de temps à l’art. Son travail a été exposé à la fois en Europe et aux États-Unis. Son travail est dans de nombreuses collections privées d'art brut, ainsi que dans des collections publiques telles que celle du Musée de Stadshof à Zwolle (Pays-Bas), du Musée de Navarre à Pampelune (Espagne), du Musée d'art naïf à Figueras (Espagne)…
MARSHALL Francis
> 1946, La Frette-sur-Seine (France)
Diplômé de l’école Boulle à Paris, Francis Marshall détient un CAP de sculpteur sur bois. Mais c’est d’une manière singulière qu’il travaille ce matériau et qu’il en utilise de bien moins traditionnels. À partir de 1969, Marshall se lance dans une série proliférante de sculptures textiles qu’il nomme « bourrages ». Des sacs de toile de jute et des bas de nylon remplis de crin et autres matériaux donnent forme à de drôles de mannequins. Ces « objets invendables », selon leur créateur », ont été d’emblée exposés par le collectionneur Alain Bourbonnais, défenseur d’un « art hors-les-normes » – lui-même inspiré du concept d’art brut de Jean Dubuffet. L’utilisation de matériaux de rebut, les sources d’inspiration populaires, la dimension critique de ces objets faussement naïfs les placent en effet « sous le vent de l’art brut », comme le revendique l’artiste. (...) À partir de 1990, Marshall a entrepris une série de peintures sur bois qui, au premier abord, peuvent sembler radicalement différentes des sculptures textiles. Mais on y retrouve pourtant toute la manière de l’artiste. Des personnages récurrents, dont l’aspect est cette fois aussi lisse que leurs situations peuvent être licencieuses. Tirés d’une iconographie de magazines populaires, ils incarnent une version citadine des mannequins rembourrés que l’on imaginait davantage vivre à la campagne. Les personnages peints sont eux aussi mis en scène, par le biais d’encadrements et d’écrits qui pervertissent la lecture des tableaux.
(Extrait, Esprit singulier, 2016, Flammarion éditions et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
Galerie Béatrice Soulié
MARYAN
> 1927, Novy-Sacz (Pologne) - 1977, New York (États-Unis)
La courte vie de Burstein Maryan Pinchas, dit Maryan, a été émaillée de tragédies. Juif polonais, il fut interné et martyrisé par les nazis. Seul rescapé de sa famille, il ne sortira vivant des camps que par miracle. Bénéficiant d'une bourse en Israël, il suit les cours du Bezalel Art Institute de Jérusalem de 1948 à 1949. Un accident de tramway à Tel-Aviv fait qu'il sera amputé d'une jambe. Maryan réalise sa première exposition personnelle en 1949 à Jérusalem au YMCA. Il s'installe à Paris en 1950 et passera trois ans aux Beaux-Arts. En dépit de quelques succès (prix des Critiques à la Biennale de Paris en 1959) et malgré son rôle dans l'émergence de la Nouvelle Figuration, il s'installe à New-York en 1962. Il deviendra citoyen américain en 1969. Il meurt prématurément en 1977. Malgré les épreuves traversées, Maryan n'est pas devenu, comme cela aurait pu être, le peintre des camps, le témoin de l'extermination nazie. Sortant de l'enfer, Maryan s'est fait démiurge. Il a créé un univers, une "Comédie humaine" picturale, peuplée de créatures outrancières. Laissant hurler la couleur, distordant le trait pour lui arracher une expression proche de la caricature, il a répertorié autant les figures de pouvoir (militaires, juges, religieux) que les marginaux (toréadors, jongleurs, prostituées). Dans ce carnaval pictural, dont les références se veulent populaires, Maryan a sans doute laissé un message humaniste profond, tant son langage semble viser à une mise en garde qui nous confronte toujours à l'infime frontière qui sépare la victime du bourreau. Message qui renvoie le voyeur à son libre-arbitre et à son miroir. Ce langage de Maryan, si personnel, si violent aussi, a inspiré nombre de peintres de la génération suivante. On pourrait ne citer qu'à titre d'exemple Philip Guston. Il reste que l'oeuvre de Maryan est, malgré cela, d'une manière assez incompréhensible, profondément méconnue.
Galerie Claude Bernard
MASAKATSU Tagami
> 1946 (Japon)
Né dans le sud de l’île de Honshu, c’est à 29 ans que ce fils d’agriculteur décide de se consacrer à la peinture et à la gravure. Autodidacte, Tagami Masakatsu dédie sa vie à sa seule obsession : la traduction des images qui le hantent. N’ayant alors comme seule source de revenu que le soutien de sa famille, c’est en 2003 que l’artiste et son travail sont découverts par Pierre et Maïa Barouh. La galerie Atsuko Barouh à Tokyo lui consacre sa première grande exposition en 2013, et organise sa première présentation en France en 2014. Le travail de l’artiste, abondant et mêlant peinture, gravure et collage, n’a depuis cessé de conquérir un public international, sur le champ d’un art en marge.
MÉNICHETTI Eudes
> 1969, Paris (France)
Ménichetti est un enfant de la télé, de Pif Gadget et de Tout l'Univers. Il pratique l'autoportrait avec humour et fantaisie et commente la chronique de sa vie avec ironie à coups de dessins et de montages savants et turbulents. Il cherche ce qu'on refoule ; il explore les réseaux du système nerveux, des vaisseaux sanguins, ce qui est sous-jacent, qui fait partie de nous et demeure pourtant notre inconnu. Il sonde, dissèque et expose le corps humain (son corps) pour mieux explorer le monde cérébral avec la volonté de s’expliquer l’existence et le potentiel humain. Émanations du fantasme noir avec un retour latent aux chimères en lutte contre le bonheur béat, paradis de l’enfance revisité par l’inquiétude de soi : de quoi saisir, effaré, sans répit, la sensibilité d’écorché vif de l'artiste.
(Cité dans Instinc'art, 2012, éditions de l'abbaye d'Auberive)
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MIHINDOU Myriam
> 1964, Libreville (Gabon)
Après avoir grandit au Gabon, elle s’exile en France à la fin des années 1980. Après un cursus en architecture, elle intègre l’École des Beaux-Arts de Bordeaux. Elle est en quête d’un nouveau moyen d’expression. Diplômée en 1993, elle développe un langage plastique pluridisciplinaire. Et du fait de ces différents voyages et rencontres, son travail est nourri de ces mélanges culturels.
Galerie Maïa Muller
MOIZIARD Andrée et Jean
> 1940 et 1938, Paris (France)
Originaires de Paris où ils sont nés, c'est après 1968 que les deux artistes décident de vivre à la campagne, en Bourgogne. Aujourd'hui, leur atelier est installé à Aisey-sur-Seine. Ils ont à leur actif plus d'une centaine d'expositions, dont la galerie Béatrice Soulié, ou la Halle Saint Pierre à Paris. Unis dans la vie et tous deux amoureux de l'art, ils présentent un univers poétique où se confondent peintures de paysage faussement naïves (le plus souvent réalisées par Andrée) et assemblages divers (des reliquaires sous globe de verre mis en forme par Jean). Il est difficile de dissocier l'art des deux artistes, si bien que leur exposition prennent le plus souvent la forme d'une installation, reconstitution de leur lieu de vie.
(Cité dans La collection égotique, 2010, éditions de l'abbaye d'Auberive)
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MOKÉ FILS
> 1968, Kinshasa (République Démocratique du Congo)
Fils de Monsengwo Kejwanfi dit Moke (1950-2001), grand précurseur de la peinture naïve congolaise, Moke Fils grandit dans l’atelier de son père et entreprend de vendre les œuvres de ce dernier sur les marchés. Peu à peu, il commence à dessiner et à peindre, délaissant sa première vocation d’enseignant. A la mort de son géniteur et mentor, Moke Fils décide de se consacrer entièrement à la peinture. Il se place en héritier direct de l’art de son père et reprend à son compte ses silhouettes trapues aux têtes rondes, sa palette éclatante et son goût pour les compositions étagées et dynamiques (...) Il reçoit également le soutien actif des peintres amis de son père comme Chéri Samba ou Chéri Chérin. Moke Fils s’intéresse à la vie quotidienne de Kinshasa et représente inlassablement des scènes de rue, de marché, de taxis bondés , de bars ou de boîtes de nuit, portraiture les Sapeurs (eux qui portent haut l’art de la sape), etc. Ses œuvres témoignent d’un goût prononcé pour la satire sociale et la critique politique ou religieuse. En 2003, il participe à l’exposition « Kin Moto na Bruxelles » (Hôtel de Ville de Bruxelles) où il s’impose comme l’un des chefs de file de l’art populaire congolais. Depuis, ses œuvres sont régulièrement montrées en Europe, notamment au Musée royal de l’Afrique centrale de Tervuren.
(Extrait, Esprit singulier, 2016, Flammarion éditions et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
MOLINIER Pierre
> 1900, Agen - 1976, Bordeaux (France)
Artiste aux débuts classiques faits de peintures figuratives et de paysages, il commence son œuvre sulfureuse et sans tabous sur le corps, la confusion des genres et les dérives du sexe dès le début des années 1950. Il s'y consacre totalement à partir des années 1960 au point d'influencer les artistes du Body Art de la décennie suivante. Il crée des tableaux érotiques et des photomontages, mises en scène de son propre corps et autoportraits travestis, où s'expriment son culte de l'androgynie et son fétichisme des jambes. Des liens précis apparaissent entre peinture, photographie et existence scandaleuse. Séducteur invétéré, fétichiste convaincu, travesti impénitent, bisexuel par inadvertance, Molinier aura été habité jusqu'à la fin par deux obsessions : « jouir » pour accéder au paradis immédiat de la petite mort et « laisser une trace dans l'infini du temps ».
(Cité dans Instinct'art, 2012, éditions de l'abbaye d'Auberive)
MOREL Marie
> 1954, Paris (France)
Elle naît à Paris, d'une mère peintre et architecte et d'un père écrivain et éditeur. En 1962, la famille s'installe dans les Alpes de Haute-Provence où la jeune Marie grandit dans un environnement privilégié, de création permanente. A la suite d'une exposition, elle affirme à l'âge de neuf ans qu'elle sera peintre. Adolescente, elle entre à l'Ecole Nationale de Cirque à Paris tout en suivant des cours au Conservatoire. Sa première exposition est organisée en 1977. A 20 ans, elle décide de se consacrer uniquement à la peinture. Les expositions s'enchaînent alors. Aujourd'hui, parallèlement à son travail de peintre, elle publie une petite revue d'art, "Regard", consacrée aux artistes qu'elle aime.
(Cité dans La collection égotique, 2010, éditions de l'abbaye d'Auberive)
Site officiel
MUSIC Zoran
> 1909, Bukovica (Slovénie) - 2005, Venise (Italie)
Formé à l’Académie des Beaux-Arts de Zagreb, Zoran Music voyage avant-guerre en Europe du Sud et passe un an à Madrid, à copier les œuvres du Greco et de Francisco Goya au Musée du Prado. Contraint de quitter l’Espagne en raison de la guerre civile, il retourne en Dalmatie et participe à ses premières expositions collectives à Zagreb et Ljubljana, avant de s’installer en 1943 à Venise où il connaît ses premiers succès. Mais en 1944, arrêté par la Gestapo, il est déporté à Dachau. Au péril de sa vie, il dessine convulsivement la vie du camp : « Les SS se tenaient à distance en raison d’une violente épidémie de typhus, ils avaient peur de s’approcher. Cela signifiait que pour la première fois je pus dessiner sans me cacher, et cela devint une espèce de frénésie. Je ne pensais à rien d’autre, comme si le dessin m’avait ramené à la vie. La réalité était hallucinante . » Au lendemain de la guerre, Zoran Music vit entre Paris et Venise, à laquelle il consacre de nombreuses vues, émerveillé de redécouvrir la liberté. Il expose régulièrement, à la Galerie de France notamment. Les années 1950 sont celles de la tentation abstraite, même si les paysages l’inspirent toujours profondément (Terres dalmates). Il reçoit en 1960 le Prix de l’UNESCO à la Biennale de Venise. Dans les années 1970, assailli par les images du passé, il consacre à Dachau une importante et saisissante série de peintures et gravures : Nous ne sommes pas les derniers ; nombre de ces œuvres rejoignent alors les collections publiques du monde entier (Paris, Munich, Oslo, Jérusalem, Venise, Copenhague, etc.). Puis, il se voue au cycle des Paysages rocheux (1976-1980), réalisé dans la Forêt de Fontainebleau et les Dolomites. Au cours des années 1980, le souvenir de la basilique Saint-Marc, qui l’avait fasciné en 1943, inspire à Music Intérieurs de cathédrale. Il crée également un important ensemble de portraits et d’autoportraits. Mais peu à peu sa vue décline. Il meurt en 2005, dans sa cité bien-aimée de Venise.
(Cité dans Esprit singulier, 2016, Flammarion éditions et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
Galerie Claude Bernard
NADAU Jean-Pierre
> 1963, Melun (France)
Nadau est un artiste autodidacte au dessin d'enlumineur, conteur d'une mythologie foisonnante. sa rencontre dans les années 1980 avec le plasticien Chomo - créateur singulier du "Village d'art préludien" - lui donne le goût d'être artiste. Il entame alors la production d'un univers fantastique en noir et blanc qui ne le quitte plus. (...) Ses minutieux dessins à la plume sont réalisés à l'encre de Chine sur de petits formats papier ou de larges rouleaux et toiles pouvant atteindre plusieurs mètres de long.
(Extrait, Esprit singulier, 2016, Flammarion éditions et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
Galerie Polysemie
NITKOWSKI Stani
> 1949, La Pouèze - 2001 (France)
D'origine polonaise, il présente très tôt les premiers signes d'une myopathie. Son BEPC en poche, il exerce différents petits métiers. En 1972, après avoir appris qu'il ne pourrait plus se déplacer qu'en fauteuil roulant, il tente de mettre fin à ses jours. Ses premiers dessins datent de cette période. En 1979, sur les conseils de Robert Tatin, il abandonne l'abstraction. Il opte alors pour l'encre de Chine et la plume puis l'huile. Une première exposition a lieu à l'Etrange Musée de Robert Tatin, puis en 1982, Cérès Franco lui propose une exposition dans sa galerie de Paris. Roland Vanuxem, collectionneur et galériste, lui achète la plupart de ses tableaux et de ses dessins à partir de 1983. Une importante rétrospective au musée du Pilori a lieu en 1993. En 1995, Stani Nitkowski rencontre Jean-Claude Volot, qui sera son ami et un soutien jusqu'à sa mort.
(Cité dans La collection égotique, 2010, éditions Lienart et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
PASTOR Gilbert
> 1932, Marseille (France)
Il naît dans un quartier populaire où il vit jusqu'en 1970. Puis il s'installe définitivement en Haute-Provence à Aups. En 1948, il rencontre Boris Bojnev, peintre et poète russe, dont l'influence se fait ressentir. En 1975, Gilbert Pastor fait la connaissance du marchand de tableaux lyonnais Paul Gauzit qui présentera régulièrement son travail à partir de cette date dans sa galerie Le Lutrin à Lyon. Il exposera entre autre à la galerie Béatrice Soulié en 2000.
Office de tourisme d'Aups
PENCRÉAC'H Stéphane
> 1970, Paris (France)
Après des études d'Histoire, il ne rentre pas aux Beaux-Arts mais commence à peindre (1992-1993) et à organiser des manifestations autour de ses oeuvres ; c'est ainsi que naissent une série d'expositions collectives durant l'année 1996, avec notamment Corpet, Hybert, Gouéry, Dezeuze. Remarqué par la critique, il poursuit son parcours pictural avec, en 1997, l'exposition "Je t'aime". En 1999, une deuxième série d'expositions intitulées "Action directe" fait à nouveau parler de lui. En 2000, il participe à "Big Crunch", organisée par Richard Leydier et réalise son premier plafond. Il récidive au Manoir de Cologny à Genève avec "Zéro / Zéro". "Le paradis est un endroit où il ne se passe jamais rien" est sa première exposition personnelle à Paris (juin 2000). En 2001, il monte le projet "Arabitude" avec le soutien de Francis Hybert. Cette vaste exposition rencontre un grand succès et le propulse réellement sur la scène artistique française.
(Cité dans La collection égotique, 2010, Lienart éditions et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
Page facebook officielle de l'artiste
PETIT Marc
> 1961, Saint-Céré (France)
C'est à Cahors où il passe son enfance, qu'il réalise ses premières sculptures dès l'âge de 14 ans. Il y côtoie deux sculpteurs, anciens élèves des beaux arts de Paris, qui corrigent régulièrement son travail : René Fournier lui apprend les bases du modelage et lui transmet l'enseignement de Marcel Gimond - Jean Lorquin, premier grand prix de Rome 1949, lui apporte sa vision, ses connaissances mais aussi une vraie réflexion sur la sculpture. A 24 ans il présente sa première exposition personnelle à Villeneuve sur Lot. En 1989, Il est lauréat de la fondation de France puis en 1993 lauréat de la fondation Charles Oulmont. La même année est organisée une exposition de ses œuvres au musée Jean Jaures de Castres. Depuis, son travail est régulièrement présenté en Europe dans des foires d'art et en galeries. En 2005, on peut voir près de 150 de ses oeuvres au Lazaret Ollandini à Ajaccio. En 2006, la ville de Cahors et le conseil général du Lot lui consacre une double exposition, au musée de Cahors Henri Martin et au musée Rignault de Saint-Cirq-Lapopie. Le 18 octobre 2008 s'est ouvert à Ajaccio le Musée Marc Petit au Lazaret Ollandini.
(Cité dans La collection égotique, Lienart éditions et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
Site officiel
PIGNON-ERNEST Ernest
> 1942, Nice (France)
À partir de 1957, il travaille dans un cabinet d’architecte et développe ainsi sa pratique du dessin. Mais en 1961-1962, il est envoyé en Algérie pour faire une guerre qu’il considère comme « l’évènement le plus marquant de sa vie ». À cette période, il se met à dessiner avec du brou de noix. Depuis son retour, il travaille sur des sujets à messages politiques comme La Commune, l’avortement, les immigrés, l’expulsion, la lutte contre l’apartheid, la lutte contre le Sida, le rôle des femmes en Afrique, les prisons, etc.
Site officiel
PONS Louis
> 1927, Marseille (France)
Durant sa jeunesse, il apprend le métier d'ajusteur qu'il n'exercera finalement jamais. Il accumule les petits métiers, dont celui de dessinateur de presse jusqu'à l'âge de 21 ans, où il se voit contraint de passer un et demi dans un sanatorium. Malade, il vit et se repose dans de nombreux villages de Haute-Provence. Il découvre alors les dessins de Louis Soutter qui lui insuffle l'envie de dessiner. Il réalise ses premiers dessins à l'encre de Chine. Ses premiers assemblages, eux, datent de 1959. Présentés en 1962 à la galerie Alphonse Chave, ils deviendront son moyen d'expression privilégiés. En 1966 seront publiés ses premiers aphorismes. Il s'installe à Paris en 1973, et expose à la galerie Claude Bernard à partir de 1984.
(Cité dans La collection égotique, 2010, Lienart éditions et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
Galerie Claude Bernard
POUGET Marcel
> 1923 - 1985, Oran (Algérie)
Expressionniste abstrait à ses débuts, Marcel Pouget participe à la fondation du mouvement de la « Nouvelle Figuration » (oscillant aux frontières du vu et du non-vu) dès la fin des années 1950. Entre symbolisme et expressionnisme, sa peinture est issue d'hallucinations qu'en tant que « psycho-peintre » (terme un peu barbare pour désigner son exploration de l’humain, entre conscient et inconscient, réalité et rêve ou fantasme), il « s'autosuggère ». Il crée ainsi une trans-réalité où l’onirisme croise le politique et la métaphysique. Magicien de la couleur, qu’il manie en véritable poète (sans doute influencé par ces couleurs si particulières qui baignent l'Afrique du Nord), Marcel Pouget a été toute sa vie un explorateur, cherchant à susciter, dans le miroir déformant de sa peinture, la perception d’un autre monde. Cette science de la couleur, cette “possession”, anime toute l’œuvre de Marcel Pouget, avec, en plus, ce don de percevoir l’âme, ce mouvement imperceptible, vibratile, qui anime l’être, et est son essence.
(Cité dans Instinct'art, 2012, éditions de l'abbaye d'Auberive)
Galerie Guigon
POUPPEVILLE Denis
> 1947, Le Havre (France)
Après des études aux Beaux-Arts, il expose ses œuvres de peintre, dessinateur et graveur en Allemagne, Suisse et France. Il a illustré de nombreux ouvrages tels que celui de Louis Calaferte ou celui de Michel de Ghelderode.
Galerie Béatrice Soulié
PRUVOST Bernard
> 1952
À ne pas y prendre garde, on classerait le travail de Pruvost dans la catégorie brut/singulier. Or Pruvost est tout sauf un autodidacte ou un fou. À 64 ans, il a passé l'essentiel de son temps à se cultiver dans trois spécialités qui semblent n'en former qu'une pour lui : littérature, musique et art graphique. Non seulement il acquiert des connaissances mais il crée dans les trois disciplines. Écrivain, compositeur de musique contemporaine libertaire, peintre-dessinateur, assistant chorégraphe et metteur en scène, dialoguiste, Pruvost cherche, cherche, cherche encore et toujours. Ses voyages en Afrique de l’ouest le conduisent à collectionner l’art local et finiront d’influencer son travail pictural et d’assemblage.
(Extrait, Esprit singulier, 2016, texte de Jean-Claude Volot, Flammarion éditions et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
RAINER Arnulf
> 1929, Baden (France)
Initié dès sa jeunesse au dessin, Arnulf Rainer décide de devenir artiste à l’âge de 15 ans. La découverte, à l’occasion d’une exposition, des œuvres de Francis Bacon, Stanley Spencer ou encore Henry Moore, le convainc d’abandonner le paysage pour la figure humaine. Influencé par un surréalisme tardif en vogue dans les cercles artistiques viennois, il crée des compositions fantastiques qui bientôt ne le satisfont plus. Encore marqué par l’automatisme, il réalise ses premiers dessins les yeux fermés et découvre à Paris, à l’été 1951, les derniers développements de l’art non figuratif. C’est un choc. Il expose désormais régulièrement ses œuvres et devient l’un des fers de lance de l’art informel en Europe centrale. (...) Au tournant de la décennie, de nombreux artistes, parmi lesquels Sam Francis et Victor Vasarely, donnent à Rainer des toiles pour ses recouvrements. Il expose en Allemagne et au Japon. Les années 1960 sont marquées par son intérêt grandissant pour les dessins d’aliénés, les expériences de dessin sous psychotropes et la pratique de la peinture directe sur des corps. Au cours des années suivantes, il continue de se passionner pour le langage du corps et multiplie notamment les autoportraits photographiques qu’il retouche.
(Extrait, Esprit singulier, 2016, Flammarion éditions et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
REBEYROLLE Paul
> 1926, Eymoutiers - 2005, Boudreville (France)
Il étudie à Limoges avant de rejoindre Paris à la Libération. Il découvre alors les peintres contemporains ainsi que la peinture classique au musée du Louvre. Membre du parti communiste français à partir de 1953, il rompt avec ce dernier en 1956 lors de l'invasion russe en Hongrie. Auteur d'une œuvre immense et l'un des plus grands artistes contemporains, il fut néanmoins méconnu du grand public ainsi que de certaines institutions. Son oeuvre, toujours figurative, est marquée par la violence, la rage, la révolte face à l'oppression ou l'engagement politique. Elle est ponctuée de tableaux animaliers et paysagers, ainsi que de tableaux employant des matières collées sur la toile (terre, crin, ferraille...). Elle a été appréciée par les philosophes Jean-Paul Sartre ou Michel Foucault ainsi que par le collectionneur François Pinault. En 1979, il eut droit à une rétrospective au Grand Palais à Paris, et en 2000 à la Fondation Maeght.
(Cité dans La collection égotique, 2010, Lienart éditions et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
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RENARD Emmanuelle
> 1963, Paris (France)
Elle commence la peinture très jeune. Elle étudie les Arts Décoratifs de 1982 à 1986 à la Villa Arson à Nice et signe sa première exposition personnelle en 1985 à Vallauris. Depuis, elle expose régulièrement à Paris (galeries Vidal Saint-Phalle, Suzanne Tarasiève…), en Europe et aux États-Unis. Elle reçoit le Prix Spécial du Jury au Salon de Montrouge en 1990 et obtient en 1992 une allocation de recherche à l’étranger (Espagne) du Ministère de la Culture.
(Extrait, Instinc'art, 2012, éditions de l'abbaye d'Auberive)
RICOL Raphaelle
> 1973, Lyon (France)
Raphaëlle Ricol est pour le moins une artiste singulière. Elle pratique régulièrement le Street Art dans l’anonymat le plus complet, en parallèle à son activité picturale à l’atelier. Elle utilise d’ailleurs régulièrement la peinture en spray pour ses œuvres d’atelier. Peuplé de figures populaires (super héros, nounours qui n’ont rien d’enfantins ou d’infantiles, etc.), mais aussi de références picturales historiques (Holbein ou de Champaigne, Mantegna, Munch ou Goya), son art prend appui sur le grotesque et le burlesque. Le regard de ses personnages est souvent halluciné. Il y est question d’œil, de visions intérieures. Elle maîtrise magistralement le mauvais goût, comme l’ont pu faire avant elle Peter Saul, Ed Paschke ou Philip Guston, pour le transcender et l’ennoblir. Une autre facette de l’art de Ricol est la satire sociale, pas si éloignée des Daumier, André Gill, Jean Veber ou Charles Léandre. L’humour y est aussi noir, désabusé et mélancolique. Là encore, l’emprunt aux arts graphiques est patent. Et puis, elle a une énorme activité de dessinatrice qui est, certes, le laboratoire à idées et à formes, mais qui est éminente par ses qualités propres et sa force d’impact. En 2013, une importante exposition lui est consacrée à l’abbaye d’Auberive avec l’édition d’un livre conséquent. En 2010, François Pinault et Jean-Claude Volot éditèrent son premier ouvrage sur son travail.
(Extrait, Esprit singulier, 2016, Flammarion éditions et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
RIEGER Helmut
> 1931, Neisse - 2014, Munich (Allemagne)
Helmut Rieger grandit entre la Silésie et la Bavière. Arrivé à Munich après la Seconde guerre mondiale, il suit l’enseignement de design graphique à la Meisterschule für Buchdrucker (1953-1956) puis de peinture à l’Académie des Beaux-Arts (1956-1962). Bientôt, il participe aux trois principaux mouvements d’avant-garde locaux, influencés par CoBrA et l’Internationale Situationniste de Guy Debord : WIR (fondé en 1959 avec Florian Köhler et Heino Naujoks), SPUR et GEFLECHT (créé en 1966). Bien qu’il s’en détourne à la fin des années 1960, lassé du travail collectif, il gardera notamment de ces expériences le goût du noir et des encres industrielles. Au cours des années 1970, Rieger réalise ses premières sculptures en cire. C’est de cette époque que datent également ses premières expositions personnelles à Munich (Galerie van de Loo), Copenhague (Galerie Documenta) ou Stuttgart (Galerie von Kolczynski). La renommée de Rieger restera essentiellement allemande.
(Extrait, Esprit Singulier, 2016, Flammarion éditions et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
ROCHARD Arnaud
> 1986, Saint-Nazaire (France)
Arnaud Rochard est un élève de l’École supérieure d’art de Quimper et à l’Académie Royale des beaux arts de Bruxelles entre 2005 et 2010. En 2011, la galerie Maïa Muller (Paris) organise You can’t bring me down, première exposition personnelle de l’artiste. Suivront Funny Game en 2012 et Lord of the Flies en 2013. Ses œuvres sont présentées depuis en France, à Berlin, Bruxelles et Chicago. Rochard maîtrise de nombreuses techniques : gravure – eau forte ou aquatinte -, dessin à l’encre de Chine, sculpture sur de grandes plaques de bois. Le noir et blanc domine les travaux de l’artiste, qui laisse parfois les rouges, les orangés, les bleus ou les verts morbides envahir ses xylographies et ses récentes craies grasses sur papier.
(Extrait, Esprit singulier, 2016, Flammarion éditions et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
ROULLAND Jean
> 1931, Croix (France)
Jean Roulland a suivi les cours de l’école des Beaux Arts de Roubaix. Après avoir travaillé dans une usine de céramique, il se consacre à plein temps à la sculpture à partir de 1960. Influencé, dans sa jeunesse, par l’œuvre de Brancusi, il réalise quelques sculptures en bois, céramique ou pierre avant de développer à partir de 1961 son style personnel beaucoup plus expressionniste. Fasciné par le bronze, il en apprend seul la technique "à la cire perdue", et a fondu lui-même le premier exemplaire de la plupart de ses sculptures dans son atelier. II a aussi développé une œuvre peinte très importante ainsi que des gravures. Jean Roulland est membre du groupe de Roubaix avec Arthur Van Hecke, Eugène Dodeigne et Eugène Leroy. Il a reçu de nombreux prix dont le prix Rodin et Lenchener en 1972 à Paris et en 1981 le Spécial Prize. Il a aussi reçu le premier Kotaro Takamura Grand Prize à Hakone (Japon). En 1991, une importante rétrospective de son œuvre sculptée 1961-1991 lui a été consacrée à l'Hospice Comtesse de Lille.
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RUMSEY Paul
> 1956, Essex (Royaume-Uni)
Lecteur assidu de la "Children’s Encyclopaedia" d’Arthur Mee (volumes hétéroclites peuplés d’histoires fantastiques, de poésies ou de dessins astronomiques), Paul Rumsey s’adonne dès son plus jeune âge au dessin. A seize ans, il suit le cours préparatoire de la Colchester School of Art and Design, au nord-est de Londres. Il entre en 1974 à la Chelsea School of Art (diplômé en 1977) où il développe un style propre, éloigné des courants conceptuels, abstraits ou pop enseignés majoritairement. Créateur passionné, il dédie les dix années suivantes à la réalisation d’une toile monumentale inspirée du Supplice de Marsyas, l’une des réalisations du Titien. Il finit par détruire l’œuvre, inachevée, en 1987. (...) Dès 1996, Rumsey multiplie les expositions personnelles en Angleterre (Chappel Galleries) et en France (Galerie Béatrice Soulié).
(Extrait, Esprit singulier, 2016, Flammarion éditions et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
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RUSTIN Jean
> 1928, Montigny-les-Metz - 2013, Paris (France)
Lorrain de naissance, il suit des études secondaires à Poitiers à partir de 1939, période pendant laquelle il apprend également le violon. Ses premières toiles datent de 1944. Quelques années plus tard, il entre à l'Ecole Nationale des Beaux-Arts de Paris, dans l'atelier de Maurice Brainchon. Il rencontre Elsa, sa femme, en 1949, qui suit des études de médecine. La première période du peintre est caractérisée par une abstraction colorée. Jusqu'à une importante rétrospective d'une centaine de ses toiles au Musée Moderne de la Ville de Paris en 1971 où le peintre, bouleversé par la vision de l'ensemble de ses œuvres, décide d'en finir une fois pour toute avec l'abstraction. Dès lors, il met en place un univers figuratif sombre, inquiétant, fou diront certains, qui provoque, dès les premiers accrochages, de nombreuses polémiques.
(Cité dans La collection égotique, 2010, Lienart éditions et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
SABAN Ody
> 1953, Istanbul (Turquie)
Après une enfance multiculturelle et nomade, elle s’installe à Paris en1977 et y poursuit des études d’art. L’artiste s’engage dans des mouvements artistiques à la marge, à l’exemple du squatt Art Cloche, où elle est alors la seule femme. Son œuvre, tantôt décrite comme un acte guerrier, tantôt comme l’illustration d’une utopie à défendre, est en même temps le lieu de l’expression des luttes sociales et féministes et de ses mythologies personnelles : Ody Saban, en effet, se pense surréaliste et outsider et refuse l’étiquette de l’art brut. Son travail investit tous les mediums : l’art plastique, l’écrit, la performance. Ody Saban a ainsi créé des Livres d’artistes uniques, des vidéos, des cahiers émotionnels, manuscrits qui mêlent sa pratique de l’écrit aux arts plastiques.
(Extrait, Esprit singulier, 2016, Flammarion éditions et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
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SAURA Antonio
> 1930, Huesca - 1998, Cuenca (Espagne)
Dans les années 1940, Antonio Saura commence à peindre et à écrire en autodidacte, immobilisé par la tuberculose. Sous l’influence de Jean Arp et de Yves Tanguy, il réalise de nombreux dessins et peintures d’inspiration surréaliste. Au début des années 1950, sa peinture devient gestuelle et abstraite, avant que ne surgissent des formes bientôt identifiées au corps féminin et plus largement, à la figure humaine, motifs dès lors omniprésents qui opéreront comme des matrices. (...) Au tournant des années 1960, Antonio Saura se passionne pour l’eau-forte ainsi que la sérigraphie, et commence à sculpter. C’est aussi l'époque des premières rétrospectives muséales (Eindhoven, Rotterdam, Amsterdam, Buenos Aires, Rio de Janeiro, Baden-Baden, etc.). En 1967, à son installation à Paris, il s’engage contre la dictature de Franco. Il abandonne la peinture sur toile pour se consacrer en 1971 au support papier et à l’écriture. Il collabore avec le monde de la scène (théâtre, ballet, opéra), pour lequel il crée des scénographies. En 1978, il reprend la peinture à l’huile et approfondit des thématiques déjà maintes fois explorées, selon un procédé cher à l’artiste. (...) Les années 1980-1990 sont marquées par des recherches puissantes sur la figure et le portrait (Dora Maar Visitée), qui traduisent encore et toujours la violence de l’expérience humaine. Engagé aux côtés de Ernest Pignon-Ernest et Jacques Derrida contre l’apartheid, il illustre "Don Quichotte" de Miguel de Cervantes et "Tagebücher" de Franz Kafka, et participe à des expositions sans cesse plus nombreuses. Il meurt en 1998. Huit ans plus tard est créée la Fondation Antonio Saura.
(Extrait, Esprit singulier, 2016, Flammarion éditions et les éditions de l'abbaye d'Auberive
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SEFOLOSHA Christine
> 1955, Montreux (France)
Artiste prolifique et autodidacte, elle développe une solide habileté technique et un style hallucinatoire, à l’orée du symbolisme et du chamanisme. En 1975, Sefolosha s’installe à Johannesburg. Elle rencontre le saxophoniste Pat Sefolosha qu’elle épouse en seconde noce et découvre la communauté artistique noire et son militantisme. De retour en Suisse en 1983, l’artiste et son œuvre restent fortement marquées par les traces de la culture et des traditions de cette Afrique du Sud encore divisée par l’apartheid. C’est à cette période que l’artiste décide de se consacrer entièrement à la création. Sefolosha peint à l’huile, à l’aquarelle, emploie avec virtuosité les encres de couleur, crée des monotypes au chromatisme délicat. L’artiste marie les teintes terreuses et sombres à l’éclatement de couleurs brillantes et vives. (...) Après plus d’une dizaine d’expositions, Christine Sefolosha est lauréate en 1998 de la prestigieuse bourse culturelle de la Fondation Leenaards. Son travail sera présenté ensuite à de nombreuses reprises en Suisse, France, Belgique ou aux Etats-Unis. La Halle Saint-Pierre lui dédie une grande exposition monographique en 2007. Les œuvres de l’artiste figurent dans de nombreuses collections particulières et dans plusieurs collections publiques suisses (Fonds des Arts plastiques du canton de Vaud, Musée Jenisch).
(Extrait, Esprit singulier, 2016, Flammarion éditions et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
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SEVELLEC Ronan-Jim
> 1938, Brest (France)
Il s'initie très jeune au dessin, au modelage et à la peinture auprès de son père artiste. Ses premiers dessins paraissent dans la presse dès 1960. Etabli dans la région parisienne depuis 1967, il exerce la profession d'illustrateur, réalise des maquettes pour des productions cinématographiques, continue de peindre et participe à de nombreux salons. Mais l'artiste va progressivement délaisser la peinture au profit d'un travail entièrement tourné vers le volume. Le terme "maquette" est en l'occurrence aussi approximatif que réducteur. Pendant plus de dix ans, Ronan-Jim SEVELLEC disparaît du monde des expositions pour travailler ses volumes. En 1989 pour la première fois, il présente ses boîtes d'inspiration surréaliste à Elbeuf en Normandie. En 1995, son exposition à Paris, à la galerie Soulié, rue Guénégaud, le révèle véritablement au milieu parisien.
(Cité dans La collection égotique, 2010, Lienart éditions et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
Portrait de Ronan Jim Sevellec par Jo Pinto Maia
SHAHDA Ibrahim
> 1929, Al-Azizaya (Égypte) - 1991, Aix-en-Provence (France)
Il entre à 16 ans aux Beaux-Arts du Caire où il suit les cours de Beppi-Martin. Après avoir fini l'école et organisé sa première exposition, il part à Paris, au début des années 1950, où il se retrouve désespérément seul. Il élit alors domicile en Provence, avec une de ses amies. Il y réalise l'essentiel de son œuvre et de ses expositions. En 1975, des problèmes de santé le forcent à rester chez lui. Il se consacre entièrement à son travail. Sa peinture flamboyante représente son combat. « Un peintre à la palette de feu, aux autoportraits qui en appellent à Van Gogh, à Rembrandt. Ses grandes huiles sont véhémentes, exacerbées et convulsives. Homme de contrastes, Ibrahim Shahda a développé un art de la peinture et du pastel d’une rare puissance évocatrice. » Cependant, Shahda ne connut jamais de son vivant la reconnaissance qu'il a aujourd'hui.
(Cité dans Instinct'art, 2012, éditions de l'abbaye d'Auberive)
SOREN
> 1967, Paris (France)
Il grandit dans la commune du Pouliguen en Bretagne. Il entame des études à l’Ecole des Beaux-Arts de Nantes mais, ne parvenant pas à y trouver l’enseignement qu’il recherche, quitte l’établissement afin de poursuivre seul son parcours artistique. Autodidacte, il travaillera de longues années dans une solitude volontaire, gardant le secret de ses dessins. C’est à Paris, où il vit depuis 2006, que Soren découvre les œuvres énigmatiques de Louis Pons et de Denis Pouppeville à la galerie Béatrice Soulié. Il décide alors de présenter à la galeriste son univers mélancolique et sombre. Elle organise en 2009 « Pierre noire », sa première exposition personnelle puis « À ma belle » en 2011 et « Celles de l’ombre » en 2013. L’artiste présente régulièrement son travail en France (Musée d’art contemporain de Châteauneuf-le-Rouge, à l’Abbaye d’Auberive, ou lors du Salon Outsider Art Fair de Paris).
(Extrait, Instinct'art, 2012, éditions de l'abbaye d'Auberive)
TELLA José Garcia
> 1906, Madrid (Espagne) - 1983, Draveil (France)
Né à Madrid, il s’exile en France à l’issue de la guerre civile espagnole juste après la prise de pouvoir de Francisco Franco. Il est ensuite interné huit mois puis s’évade de la 42ème Compagnie de travail de Brienne-le-Chateau. Il travaille ensuite dans une usine du Havre en tant qu’ouvrier. En 1945, il crée la revue d’art espagnole, Galeria, qui sera victime de la censure. Toujours avec cette volonté de pouvoir s’exprimer, il commence à peindre à l’âge de 42 ans. Il participera à différentes expositions et salons par la suite.
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VALDES Angel
> 1961 (Pérou) Au-delà de ses brillantes études universitaires, il dessine et peint inlassablement. Il fait de très nombreuses expositions dans tout le monde hispanique ou il est reconnu. Angel Valdés, et ses amis artistes péruviens proches, décrit dans leur travail le choc des trois plaques tectoniques puissantes qui troublent et agitent, parfois violemment, son pays et toute l’Amérique latine : les civilisations indienne, espagnole et nord-américaine. Sans cesse, l’une des plaques se prend à dominer les autres qui vont immanquablement rechercher à retrouver leur équilibre propre. Son œuvre décrit avec érudition ces confrontations, génératrices en même temps de destructions et de richesses. Le travail d’Angel n’est pas immédiatement accessible, il nécessite pour le « regardeur » de travailler sur sa mémoire, sa culture, les symboles et les interactions implicites entre chaque élément inscrit dans la surface de la toile.
(Extrait, Esprit singulier, 2016, texte de Jean-Claude Volot, Flammarion éditions et les éditions de l'abbaye d'Auberive)
VÉLICKOVIC Vladimir
> 1935, Belgrade (Yougoslavie)
Diplômé de l’école d’architecture de Belgrade en 1960, il se destine à la peinture et présente sa première exposition personnelle en 1963. Dès cette époque, il détermine les thèmes qui figureront de manière permanente dans son œuvre. En 1966, il décide de s’installer à Paris. À partir de 1972, il réalise des séries de peinture et de dessins inspirés des photographies d’Eadweard Muybridge. Chef d’atelier à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris de 1983 à 2000, il a été élu à l’Académie des Beaux-Arts le 7 décembre 2005, au fauteuil de Bernard Buffet.
Page facebook officielle de l'artiste
VRANKIC Davor
> 1965, Osijek (Croatie)
Après avoir obtenu ses diplômes à l’École des beaux-Arts de Sarajevo puis de Zagreb, il finit sa formation à la Faculté d’Arts Plastiques de Paris. Dessinateur virtuose à l’univers mental très particulier, il crée des fresques à la mine de plomb avec divers effets photographiques : mise au point sur une partie de l’image, usage du flou, effets de profondeur de champ ou de grand angle…
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WITKIN Joel-Peter
> 1939, New-York (États-Unis)
Enfant, il assiste à un accident de voitures où une petite fille est décapitée sous ses yeux. Profondément marqué, il le sera également pendant son adolescence par les photographies journalistiques de Wegee. Il effectue ses premiers essais photographiques à 16 ans. Après le lycée, il fait de sa passion son métier, engagé entre autre par l'armée comme reporter des accidents militaires. Goya et Bosch, qu'il découvre à cette époque, deviennent ses "héros suprêmes". Professeur de photographie à l'université du Nouveau-Mexique, il se voit accorder de nombreuses subventions afin de continuer à élaborer son univers très controversé. Witkin passe régulièrement des annonces pour trouver des modèles hors norme, et les morgues lui fournissent la matière première de ses travaux. Techniquement, une fois la prise de vue terminée, Witkin gratte au rasoir, redessine, ajoute des pigments aux négatifs, afin de leur donner une texture reconnaissable entre mille.
Galerie Baudoin Lebon
XINGJIAN Gao
> 1940, Ganzhou (Chine)
Il grandit durant les répercussions de l’invasion japonaise en Chine orientale. Il obtient son diplôme de français à l’Institut des langues étrangères de Pékin. Il devient traducteur de français mais est envoyé durant cinq ans en camp de rééducation à la campagne lors de la Révolution culturelle. En 1975, il rentre à Pékin pour reprendre le cours de sa vie et commence à publier essais, nouvelles et récits dans des revues littéraires. Le caractère non moralisateur de ses œuvres le confronte à la censure. En 1987, il est contraint à l’exil et s’installe à Paris. En 1997, il obtient la nationalité française. Il reçoit le Prix Nobel de littérature, en 2000, et le Premio Letterario Feriona en Italie. Il est nommé Chevalier de la Légion d’Honneur par le Président de la République française. Le titre de Docteur Honoris lui est décerné en 2001 par l’Université Sun Yat-Sen de Taïwan ainsi que le Honory Degree of Doctor of literature par la Chinese University of Hong Kong. L’Université d’Aix-Marseille Provence le nomme Docteur Honoris Causa. En 2002, l’American Academy of Achievement lui remet le Golden Plate Award. Puis, il est élu membre de l’Académie Universelle des Cultures à Paris en 2003.
Galerie Claude Bernard
ZHENJUN Du
> 1961, Shangai (Chine)
Il a obtenu son diplôme de l’Institut des arts et métiers de Shanghai (1975-1978). De 1984 à 1986, il suit et obtient son diplôme de l’École des Beaux-Arts de l’Université de Shanghai. Puis en 1998-1999, il reçoit son Master (post diplôme) en « Espaces numériques » à l’école régionale des Beaux-Arts de Rennes. Il est connu pour ses installations interactives contemporaines et ses réalisations scénographiques. Depuis 1992, il participe à des expositions dans le monde entier : en France, en Chine, en Afrique du Sud, en Allemagne, en Hongrie, en Belgique, au Brésil, au Maroc, etc.
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